affiches censurées

Zoug interdit le message des libres penseurs

La Ville de Zoug ne veut pas que la phrase affirmant «Dieu n’existe probablement pas. Cesse de t’en faire et profite de la vie» soit affichée sur son territoire. Elle a interdit les affiches de l’Association suisse des libres penseurs. Mais elle a autorisé les affiches de l’initiative contre les minarets

L’Association suisse des libres- penseurs rencontre aussi des problèmes pour la campagne qu’elle veut lancer en Suisse alémanique à la fin octobre. Elle souhaite accrocher 250 affiches proclamant: «Dieu n’existe probablement pas. Cesse de t’en faire et profite de la vie.» Mais le message passe mal dans certaines villes de Suisse centrale.

Zoug vient d’interdire les panneaux des libres-penseurs sur son territoire. «Nous sommes une région catholique avec beaucoup d’églises et de couvents. Une telle phrase peut provoquer un scandale public», a expliqué dans les médias alémaniques le chancelier de la Ville. «C’est un affront. Si on retourne l’expression, cela signifie que les croyants ne profitent pas de la vie», a déclaré Andrea Sidler, membre de l’exécutif (PDC). L’Eglise catholique a apporté son soutien aux autorités. L’Eglise protestante n’était pas favorable à une interdiction et aurait souhaité être entendue avant la décision.

Lors de la même séance toutefois, la municipalité de Zoug a décidé d’autoriser l’affiche qui milite pour l’initiative contre les minarets. Elle a reconnu certes qu’elle était blessante, et probablement raciste. Mais l’exécutif n’a pas voulu toucher au droit d’initiative.

L’exemple londonien

La Suisse centrale catholique n’a pas une position unifiée. La Ville de Lucerne a dans un premier temps envisagé une interdiction de la phrase des libres-penseurs. Après avoir consulté les églises nationales, elle y a renoncé, jugeant qu’elle ne blessait pas les convictions religieuses.

L’Association suisse des libres- penseurs s’inspire d’une campagne lancée à Londres il y a une année, raconte le Tages-Anzeiger. Une jeune femme qui se sentait harcelée par les messages délivrés dans les bus par des militants pentecôtistes avait lancé ce slogan dans un journal. Son succès a été immédiat. Suite à une collecte de divers mouvements athéistes, le message a circulé dans les bus et métros de Londres.

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