Art protestataire

L'artiste chinois Ai Weiwei veut ériger un mémorial aux réfugiés sur l'île de Lesbos

«C'est dans nos têtes et dans nos coeurs que les frontières existent!», suggèrent Ai Weiwei, l'artiste protestataire chinois. Qui fait des migrants en Méditerranée, désormais, sa grande cause

Tel un lutin, Ai Weiwei finit toujours par rebondir là où on ne l'attendait pas. Hier c'était en Australie, où l'artiste se frittait avec la firme Lego, qui refusait de mettre à sa disposition ses petites briques destinées à une oeuvre monumentale, de peur de se mettre à mal les autorités chinoises.

Aujourd'hui, c'est sur l'île de Lesbos que l'artiste chinois a déposé ses basketts et décidé d'intervenir.

Sur une des nombreuses pages Facebook qui tracent les péripéties artistico-politiques du militant de la liberté d'expression, Ai Weiwei, never sorry, on apprend ainsi, via un article du Guardian, qu'il a l'intention de créer sur l'île de Lesbos un mémorial afin d'attirer l'attention du monde sur la tragédie des réfugiés en Mediterranée. «En tant qu'artiste, je suis connecté aux luttes de l'humanité... Jamais je ne sépare ces luttes d'avec mon art.»

La Chine en sait quelque chose: l'artiste y dénonce régulièrement les atteintes aux droits de l'homme, dans des happenings qui défient souvent l'imagination et dont la viralité sur l'Internet rend folles les autorités.

Pour ce qui est de la tragédie des migrants,  Ai Weiwei déclare «la frontière, n'est pas Lesbos, la frontière est réellement dans nos esprits et dans nos coeurs.» Et l'AFP relate qu'il a déjà installé un studio à Lesbos, ajoutant, «que ses ateliers en Chine et en Allemagne et beaucoup de ses étudiants seraient impliqués dans différents projets. C'est un moment historique, quelle que soit la perspective où on se place. En tant qu'artiste, je veux être plus impliqué, je veux (créer) des oeuvres en lien avec la crise et susciter une sorte de prise de conscience.»

C'est sur Twitter et Instagram que l'artiste documente, jour après jour, ses projets et où la planète entière peut le suivre.

 

 L'AFP note: «Une des photos le montre sur une des plages d'arrivée brandissant un gilet de sauvetage d'enfant, un objet devenu symbole de l'exode en cours et de son bilan humain, avec près de 700 personnes noyées, en majorité des enfants, dans la traversée entre la Turquie et la Grèce depuis janvier.»

Mais c'est sans doute cette image où on le voit brandir le drapeau des réfugiés qui demeure la plus flamboyante:

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