Logo

Chine mardi 07 juillet 2009

Vives réactions du monde

Par AFP
10’000 Hans, l’ethnie majoritaire en Chine, sont descendus à leur tour mardi dans les rues d’Urumqi. Le couvre-feu a été décrété et l’accès à internet partiellement coupé. A La Haye, l’ambassade de Chine a dû être fermée après une manifestation et des jets de pierres. L’UE se concerte pour publier une réaction commune.

15h30: L’Union européenne prête à sanctionner la Chine

En France, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Eric Chevallier s’est dit «inquiet et préoccupé» par la situation dans la région chinoise du Xinjiang, secouée par des émeutes sanglantes qui ont fait 156 morts dimanche, a-t-il déclaré mardi.

«On est inquiets et préoccupés. Il y aura probablement une réaction européenne», a-t-il ajouté lors d’un point de presse, évoquant une «concertation» en cours entre les pays de l’UE.

14h00: Internet partiellement coupé à Urumqi

La Chine a confirmé mardi avoir coupé partiellement l’accès à internet à Urumqi, la capitale du Xinjiang, pour tenter d’arrêter la circulation d’informations jugées dangereuses pour la stabilité d’une région peuplée majoritairement de musulmans.

«Nous avons coupé la connection internet dans certaines parties d’Urumqi afin d’étouffer rapidement les émeutes et d’empêcher la violence de se propager ailleurs», a dit à la presse Li Zhi, le plus haut responsable du parti communiste local, sans préciser quand le fonctionnement normal de la Toile serait rétabli.

Li Zhi a réitéré par ailleurs les accusations officielles contre la dissidente ouïgoure en exil Rebiya Kadeer qui, selon Pékin, a orchestré les violences via internet et les téléphones portables. Mme Kadeer, qui vit en exil aux Etats-Unis, a réfuté ces assertions.

Mais pour certains groupes de défense des droits de l’Homme, la Chine cherche à taire les événements du Xinjiang, où de nouveaux troubles ont éclaté mardi, les Hans (ethnie majoritaire en Chine) souhaitant se venger après avoir été la cible dimanche des violences des Ouïghours, principale communauté, musulmane, de cette région.

Reporter sans frontières monte au créneau

Reporters sans frontières, groupe de défense de la liberté de la presse, a ainsi estimé que les autorités cherchaient à isoler Urumqi «du reste du monde» en relevant que «plus de 50 sites en ouïgour», une langue turcophone, «avaient été coupés lundi».

«Une fois de plus, le gouvernement chinois a choisi de couper les communications pour empêcher le libre flux des informations. Nous condamnons fermement cette attitude», a déclaré l’organisation dans un communiqué.

Ces blocages partiels n’ont pas empêché les images d’Urumqi d’affluer sur les sites de socialisation ou partage de vidéos et photographies comme Twitter, YouTube et Flickr.

Techniquement, le blocage de l’internet partiel ou total n’est guère compliqué, a souligné un responsable d’une entreprise publique de télécommunications. «Cela prend une seconde. Il y a une grande trame à ce réseau et tout ce qu’il y a à faire c’est couper la route Télécom», a dit ce responsable qui a requis l’anonymat. «L’internet […] c’est un lien d’un point à l’autre entre provinces, que vous pouvez couper au point particulier qui relie à l’extérieur», a-t-il ajouté.

La fermeture du lien est d’autant plus facile dans une région comme le Xinjiang, aux confins de l’Asie centrale, où le réseau de télécoms est moins développé qu’ailleurs, a relevé Bjorn Landfeldt, professeur et spécialiste des télécommunications de l’Université de Sydney.

«Si vous avez l’autorité pour le faire, il est assez simple de cibler des zones ou des régions car il n’y a pas tant de liens que ça», a-t-il confirmé.

Coupures inégales dans la région

A Urumqi, les communications fonctionnaient très inégalement. Certains résidents n’ont souffert d’aucune interruption tandis que d’autres ont indiqué avoir été incapables d’appeler de leurs téléphones portables ou d’envoyer des messages.

Il est encore plus facile de désactiver la couverture des téléphones portables que de fermer les services internet, car «les zones de couvertures des antennes relais pour la téléphonie mobile sont bien définies», a souligné M. Landfeldt.

Accès maintenu pour les journalistes

La presse n’a pas eu à affronter les problèmes de connection internet: un centre de presse a été spécialement installé pour les journalistes chinois et étrangers dans un hôtel d’Urumqi, avec accès au réseau, a souligné l’agence Chine Nouvelle.

■12h00: Couvre-feu décrété après les affrontements de mardi

Suite aux nouveaux troubles ethniques survenus à Urumqi, la capitale de la région du Xinjiang, les autorités locales ont décrété le couvre-feu, a annoncé l’agence Chine Nouvelle. Cette mesure sera en vigueur de 21h00 locales (15h00 suisses) à 08h00 mercredi.

Mardi, des heurts ont d’abord opposé les policiers anti-émeutes aux manifestants ouïgours, ethnie turcophone et musulmane majoritaire dans la province (nord-ouest de la Chine), qui dénonçaient des arrestations arbitraires en marge des incidents du week-end.

La police a ensuite dû disperser des membres de l’ethnie Han, la plus importante de Chine mais minoritaire dans le Xinjiang, qui s’attaquaient à des boutiques appartenant aux Ouïgours.

■10h15: L’ambassade de Chine à la Haye fermée après des manifestations

«Pour des raisons de sécurité, la section consulaire de l’ambassade sera fermée le 7 juillet», après avoir essuyé la veille les jets de pierres de manifestants dont 142 ont été interpellés par la police, indiquait l’ambassade de Chine sur son site internet.

Quelque 200 manifestants au total s’étaient rassemblés devant l’ambassade à l’appel de l’Association des Ouïgours du Turkestan oriental aux Pays-Bas pour dénoncer «l’occupation», selon eux,» de cette région par la Chine. Trente-neuf d’entre eux étaient encore en garde à vue mardi matin, selon la police.

09H00: Des milliers de Hans dans les rues pour se venger

Des milliers de Hans, ethnie majoritaire en Chine, portant des armes de fortune, sont descendus mardi dans les rues d’Urumqi pour se venger des Ouïgours, selon les journalistes sur place.

La foule de manifestants, armés de bâtons, de pelles, de machettes et de chaînes, ne cessait de grandir pour atteindre environ 10’000 personnes qui se dirigeaient vers les quartiers des musulmans ouÏgours. Certains portaient le drapeau national chinois.

La police a fait usage de tirs de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants qui disaient leur colère d’avoir été la cible des violences commises dimanche soir contre leur communauté par des Ouïgours, ethnie musulmane et turcophone majoritaire dans la région du Xinjiang.

«Les Ouïgours sont venus dans nos quartiers pour tout casser. Maintenant nous allons chez eux pour les battre», a déclaré un manifestant han portant un tuyau métallique.

08H00: 200 personnes manifestent à Urumqi pour retrouver leurs proches

La police chinoise a arrêté 1434 personnes, dont 55 femmes, après les violences qui ont fait au moins 156 morts et plus d’un millier de blessés dans la capitale de cette région autonome du nord-ouest de la Chine peuplée de minorités musulmanes et notamment d’Ouïgours.

Les forces de police ont sommé la foule de s’éloigner, mais les protestataires, souvent en larmes, poing brandi, ont choisi de faire front aux forces de sécurité dans un face-à-face tendu, selon les journalistes sur place. Ils dénoncent des arrestations arbitraires.

La manifestation qui avait commencé en fin de matinée, vers 11h00 (03h00 TU), a duré presqu’une heure avant que la police ne réussisse à disperser la foule pacifiquement, tandis que les journalistes étaient reconduits à leurs hôtels.

Des centaines de policiers armés et accompagnés de chiens, avaient été déployés à proximité du groupe qui demandait des comptes après les interpellations massives liées aux émeutes.

■ Pékin réagit

Pékin a accusé les Ouïgours de l’étranger et notamment le Congrès mondial ouïgour de la dissidente en exil Rebiya Kadeer, d’avoir fomenté les troubles.

Des groupes exilés ouïgours ont affirmé que les événements avaient dégénéré après que les forces de l’ordre chinoises eurent violemment réprimé une manifestation pacifique.