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élections cantonales vaudoises jeudi 22 décembre 2011

Un projet d’alliance avec l’UDC met les Verts libéraux en ébullition

Par Yelmarc Roulet
L’alliance avec l’UDC envisagée par la direction des Verts libéraux vaudois suscite la controverse Les partis bourgeois privilégient une large alliance pour sauver leur majorité

Les Verts libéraux vaudois vont-ils vendre leur âme lors de leurs premières élections cantonales, en mars prochain? Certains d’entre eux s’indignent en tout cas après avoir appris la nouvelle sur le site de 24 Heures: la direction de leur parti envisage une alliance non seulement avec les libéraux-radicaux, mais avec l’UDC. Isabelle Chevalley, la vice-présidente, a dû se défendre sur sa page Facebook face aux critiques que soulève ce projet. «Chers amis, rien n’est fait, assure-t-elle. La décision revient à l’assemblée générale du 10 janvier.» Mercredi, la nouvelle conseillère nationale faisait sa première intervention sous la coupole. Détail piquant, c’était pour prôner la destruction des armes à sous-munition, que seule l’UDC a tenté de défendre.

Une large alliance allant de l’UDC aux Verts libéraux, autour des libéraux-radicaux: c’est la solution que privilégient les appareils des partis bourgeois dans l’espoir de conserver une majorité qui tend à leur échapper. PLR et UDC ne faisant ensemble que 45% des voix, il faut chercher l’appoint au centre.

Mardi soir, un congrès de l’UDC a accepté d’étendre le ticket PLR-UDC aux Verts libéraux. Une liste à cinq est envisagée pour le Conseil d’Etat, avec les trois sortants Pascal Broulis, Philippe Leuba et Jacqueline de Quattro, un UDC qui reste à déterminer et un Vert libéral. Ce dernier devrait être Patrick Vallat, membre du parlement communal de Gland. Les deux figures de proue du parti, le président Jacques-André Haury et Isabelle Chevalley – tous deux ex-libéraux – ne sont pas intéressées.

Le poids du centre

Si un tel scénario se confirmait, il serait idéal pour les alliés des Verts libéraux, qui profiteraient de leurs voix sans que leur candidat soit une menace pour les sortants. Cette grande alliance devrait aussi pouvoir compter sur le Parti bourgeois démocratique (PBD), tandis que la gauche cherche à séduire un autre pan du centre, Vaud Libre. Des discussions se poursuivent de part et d’autre avec le PDC, qui a déjà désigné son candidat au gouvernement en la personne de Claude Béglé, l’ancien patron de La Poste.

Seulement voilà. L’alliance avec l’UDC, qui ne fait déjà pas l’unanimité chez les libéraux-radicaux, sera plus controversée encore chez les Verts libéraux. Un parti se revendiquant de l’écologie peut-il s’allier avec le moins écologiste de tous? Peut-il renoncer à la première occasion à une politique autonome pour une alliance politicienne dont le principal bénéficiaire risque d’être l’UDC? Telles sont les questions d’ores et déjà posées. Il est prévu que le vote de janvier se fasse à bulletin secret.