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tennis mercredi 14 novembre 2012

Roger Federer, préférer la qualité à la quantité

Roger Federer lors de la finale du Masters: «A Shanghai et à Bâle aussi, je n’arrivais plus vraiment à jouer comme je voulais. Mais cette semaine, heureusement, j’ai retrouvé un bon niveau de jeu après quelques jours de repos.» (keystone)

Roger Federer lors de la finale du Masters: «A Shanghai et à Bâle aussi, je n’arrivais plus vraiment à jouer comme je voulais. Mais cette semaine, heureusement, j’ai retrouvé un bon niveau de jeu après quelques jours de repos.» (keystone)

Le numéro deux mondial a échoué à Londres dans sa quête d’un septième titre du Masters. Mais, à 31 ans, le Bâlois boucle une année brillante et veut cibler plus encore ses objectifs en 2013. Ça passera probablement par l’impasse sur la Coupe Davis, mais en revanche il rassure sur sa participation aux Swiss Indoors

Le rideau de la saison 2012 est tombé lundi dans la nuit londonienne. L’ultime duel, la finale des finales, s’est conclu par une victoire de Novak Djokovic sur Roger Federer au terme d’un match de grande intensité comme souvent entre ces deux-là. Pas de septième couronne au Masters pour le Bâlois, et quelques regrets à l’issue d’une rencontre où il a mené au score à deux reprises et raté des balles de set. Le Serbe a eu le dernier mot de la saison et a confirmé la légitimité de son statut de numéro un mondial retrouvé.

Le rideau est tombé, et sonne inévitablement l’heure des bilans et perspectives. A 31 ans, Federer boucle un exercice brillant. Lors de sa conférence de presse, lundi soir, il est revenu sur les moments forts mais a aussi laissé entrevoir comment se dessinait 2013.

Retour au sommet

Dans la lancée d’une fin de saison 2011 stratosphérique où il avait enchaîné trois victoires d’affilée à Bâle, Paris-Bercy et au Masters, Federer a entamé 2012 sur de solides bases. Certes, il a flanché face à Rafael Nadal en demi-finale de l’Open d’Australie, mais il s’est imposé à Rotterdam, Dubaï et Indian Wells (Masters 1000) avant de décliner une saison de terre battue en demi-teinte. Avec une option payante sur le bleu madrilène. Il laissa Roland-Garros à ceux à qui l’Histoire tendait les bras pour se concentrer sur le gazon anglais. Et dans ce jardin qui lui sied si bien, il a réalisé ce dont les sceptiques ne le pensaient plus capable. Décrocher une 17e couronne en Grand Chelem et déloger Novak Djokovic sur le toit du monde. «Je suis fier d’être un des quatre vainqueurs de Grand Chelem cette année. Toute la saison a été superbe, dit-il. Je suis content de l’avoir traversée sans blessure, ce qui m’a permis de suivre mon programme. J’ai très bien joué. J’ai rarement eu de mauvais matches. C’est déjà beaucoup. J’en ai disputé pas loin de 80, ça fait pas mal d’occasions de mal jouer. Les «trois Londres» ont été particulièrement forts pour moi; avoir bien joué ici, décroché une médaille aux JO et gagné Wimbledon. Et bien sûr aussi le fait de revenir à la place de numéro un qui était un de mes grands objectifs.» Tout comme s’y accrocher suffisamment longtemps pour s’offrir ce chiffre record et mythique de 300 semaines. Voilà pour les étincelles. Il y a aussi eu des moments plus douloureux. Comme la défaite face à Tomas Berdych en quart de finale de l’US Open. Dans les coulisses, il se dit qu’il a du mal à l’avaler. Celle de Bâle ne lui a pas fait plaisir non plus, ni celle de lundi soir, même s’il a pu se consoler d’avoir livré, avec Djokovic, une prestation de haut vol. Pour le plus grand bonheur des spectateurs.

Plus d’entraînement

Plus encore que par le passé, «Roger» va cibler. Faire des choix. Aménager son emploi du temps de manière à s’accorder davantage de blocs de récupération et de travail avec ses coaches. «En 2013, je veux passer plus de temps à l’entraînement. Avec les Jeux de Londres cette année, je n’ai pas pu faire assez de breaks et m’entraîner comme je le voulais. J’ai souffert de ce déficit à Shanghai et à Bâle aussi. Je n’arrivais plus vraiment à jouer comme je voulais. Mais cette semaine, heureusement, j’ai retrouvé un bon niveau de jeu après quelques jours de repos.»

Là, tout de suite, il va prendre deux semaines de vacances avant d’entamer une tournée d’exhibitions en Amérique du Sud (Bogota, São Paulo et Buenos Aires). Et, pour la première fois depuis longtemps, il ne disputera aucun tournoi avant l’Open d’Australie mi-janvier. Et la suite du programme? «Rotterdam et Indian Wells. Dubaï, je dois encore regarder. Le reste, et notamment Miami, n’est pas encore totalement arrêté. Pareil pour la saison de terre battue, les choses ne sont pas encore définies.»

La Coupe Davis

Cela reste un sujet délicat. Interrogé à nouveau sur sa participation ou non à la rencontre de premier tour de la Coupe Davis 2013 contre la République tchèque à Genève en février prochain, Federer a déclaré «ne pas avoir encore décidé. Je vais le faire dans les semaines qui viennent.» Mais les chances sont minces. S’il veut disputer moins d’épreuves, la quête du saladier d’argent – de plus en plus compliquée au fur et à mesure que les années passent – ne sera clairement pas sa priorité.

La polémique bâloise

Un autre dossier épineux a été mis sur le tapis pendant ce dernier face-à-face avec les journalistes avant la trêve. La question de sa participation future aux Swiss Indoors. Son contrat prenant fin cette année, la polémique avait enflé pendant le tournoi. Roger Brennwald, son directeur, laissait entendre que les négociations n’étaient pas simples et que l’aspect pécuniaire jouait un rôle. La presse alémanique avait sorti le chiffre d’un million de francs soi-disant réclamé comme garantie par Federer et son agent, Tony Godsick, au lieu des 500 000 qu’il touchait jusque-là. Le Maître n’a pas caché son agacement: «Nous nous sommes vus avec Brennwald ici à Londres et un accord sera trouvé tôt ou tard. Je n’ai jamais dit que je ne voulais pas jouer à Bâle, mais ça a pris des proportions délirantes. Il a toujours été convenu que les discussions seraient entamées après le tournoi. Mais les choses ont été rendues difficiles par tout ce qui a été dit et écrit. Les médias ont fait pression. Des gens ont parlé. Et ça a fait tout un tam-tam.». Au journaliste du Blick lui demandant si la réunion avec Brennwald s’était faite entre quatre yeux ou en présence de son agent, il a répondu: «Le but était de se voir et de ne pas s’éviter comme des petits garçons. C’était important que Roger (Brenn­wald) rencontre d’abord Tony (Godsick), puis moi aussi. En parlant avec des gens à Bâle, je ne pouvais croire le foin autour de ça. Je suis content que la situation se soit apaisée. Nous en sommes là où nous aurions dû être et nous trouverons une solution. Je n’en fais pas une question d’argent, comme j’ai pu le lire dans la presse.»

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