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Resistance 3 mercredi 14 septembre 2011

Toucher la chimère

Testé sur PS3

Dans le panel extra-large des jeux de tir à la première personne, la licence « Resistance » possède un avantage indéniable : celui de baser son scénario sur le troublant et si séduisant concept d’uchronie. En l’occurrence, le pitch de cette « what if history » est le suivant : en 1949, un virus du nom de « Chimère » fait son apparition, on ne sait trop comment, en Europe de l’Est. L’agent pathogène ne fait pas dans le détail : lorsqu’il infecte un être humain, il le remodèle en un monstre qui n’a plus de l’homme que la silhouette générale. Ces mutations morphologiques s’accompagnent bien entendu d’une hausse combinée de la capacité et du désir de tuer tout homo sapiens. Au fil des ans et des épisodes du jeu, ces mutants « chimériens » - ainsi les nomme-t-on - vont coloniser l’Europe occidentale, les îles britanniques puis les Etats-Unis. A l’aube de ce troisième volet, la résistance humaine est bien mal en point : condamnées à errer dans des souterrains, les unités maquisardes doivent se contenter d’actions de guérilla contre les antipathiques hybrides chimériens. C’est dans ce cadre que vous incarnerez Joseph Capelli, leader d’une petite escouade de résistants dans ce qui ressemble à une bourgade du Midwest.

Et c’est peut-être là ce qui fait l’intérêt esthétique majeur de ce jeu : la collision rétrofuturiste entre l’Amérique rurale des années 50 (ambiance tracteurs et chemise à carreaux) et l’altérité pathologique et technologique des chimériens fonctionne à merveille. Tout comme l’astuce tragique propre à l’uchronie visant à présenter une humanité au bord du gouffre dans un temps pour nous révolu.

L’univers de « Resistance » fait partie de ceux qu’on aimerait voir développés plus souvent pour un jeu de tir. La réalisation sert-elle cette belle idée ? Oui, plutôt bien : le scénario peut s’avérer quelques fois légèrement linéaire, mais il reste de bonne facture. Le gameplay ne révolutionne pas le concept, mais réserve quelques bonnes surprises, en particulier un système d’armes évolutif très bien pensé. Le rendu graphique est pour sa part tout à fait honnête (mention spéciale aux expressions faciales et aux effets de brume sur les paysages).

Le premier volume de « Resistance » avait été développé comme produit de lancement de la PS3 en 2007, avec tous les défauts qu’un jeu trop rassembleur pouvait collectionner. Aujourd’hui, la licence semble s’être émancipée de ses impératifs commerciaux, et c’est tant mieux.

Note : 4 sur 5

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