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Euro 2012 jeudi 28 juin 2012

L’Italie rejoint l’Espagne en finale

ATS

L’Italie, impressionnante de solidité et de jouerie, s’est qualifiée pour la finale de l’Euro 2012 en battant l’Allemagne 2-1 au Stade national de Varsovie, grâce à un doublé de «Super» Mario Balotelli. La Squadra retrouvera dimanche à Kiev une Espagne qu’elle avait bousculée sans ménagement lors de sa première rencontre dans le groupe C (1-1)

Les quadruples champions du monde tenteront de remporter pour la deuxième fois le trophée Henry Delaunay – après leur sacre de 1968 – et de priver ainsi la Roja du triplé. L’Allemagne, elle, aurait sans doute pu mieux faire. Un constat déjà dressé à l’époque, lors de son élimination en demi-finale du Mondial 2010.

Coups d’assommoir

Une hésitation, une approximation, un léger retard et le destin bascule. Dramatique et splendide machine à broyer les illusions des uns, pont irréel vers le nirvana pour les autres, le football n’a pas son pareil en terme de soudaineté. Hummels, peut-être desservi par sa jeunesse (23 ans), hésite face à Cassano, Boateng est approximatif dans sa couverture, Badstuber en retard au marquage sur Balotelli: l’Italie mène 1-0 après 20 minutes de jeu alors que l’Allemagne semblait avoir pris l’initiative.

Dans ce théâtre où le changement est perpétuel et les équilibres fragiles, le football ne fait pas de pitié. Montolivo tape loin devant, Lahm, le capitaine, en dépit de ses 91 sélections, coupe le hors-jeu, Badstuber se noie en un volte-face tragi-comique, Balotelli, encore, crucifie Neuer: l’Italie mène 2-0 après 36 minutes de jeu. Deux buts comme autant de coup d’assommoir sur les têtes allemandes, remplies de rêve avant la rencontre.

Le rêve de remettre enfin la Mannschaft sur une plus haute marche qu’elle a quittée depuis 16 ans. Le rêve de couronner une génération fantastique d’audace et de qualité qui enchante les foules depuis six ans. Le rêve, aussi, de remporter un premier succès en match officiel face à des Azzurri ayant été, pendant trop de temps et d’une perspective d’outre-Rhin, de vils calculateurs et des chantres d’un réalisme écornant l’idéal du jeu.

Pirlo et un héritage

Mais l’Italie a changé. Avec Cesare Prandelli à sa barre depuis l’été 2010, elle ose, elle dirige, elle déroute. Elle séduit, sous l’impulsion d’un Andrea Pirlo magnifique d’aisance, comme s’il n’avait jamais quitté les terrains de jeu de sa Brescia natale qu’il foulait après l’école.

Bien évidemment, la Squadra ne saurait totalement dilapider son patrimoine culturel, presque génétique, amassant depuis des décennies une perfection tactique, un goût de la défense et le culte de la gagne. La Nazionale a alors reculé, s’est regroupée, a colmaté des brèches et s’en est remise, en partie, à la providence et à Gianluigi Buffon. Avec succès, puisque l’Allemagne, qui a réduit l’écart sur un penalty d’Özil à la 92e, n’est pas revenue, malgré les bonnes entrées de Klose et Reus (coup franc détourné par Buffon sur la transversale à la 62e).

Löw devra répondre

Apôtre d’un football romantique où les titres comptent moins que la beauté de l’acte de créer, Joachim Löw devra rapidement rendre des comptes au pays. Il disait la veille assumer ses choix. Il lui faudra cependant expliquer pourquoi il a persisté durant tout l’Euro avec un Schweinsteiger visiblement pas prêt physiquement, ou pourquoi il n’a pas misé, à la place d’un Podolski décevant, sur Marco Reus, excellent en quart contre la Grèce.

Il incombera tout simplement à Löw d’expliquer pourquoi son luxueux contingent, qui avait établi contre les Grecs un nouveau record mondial de 15 victoires d’affilée en matches officiels, a échoué pour la troisième fois de suite dans un tournoi où il était parmi les favoris, alors qu’il avait eu deux jours de plus de récupération pour préparer sa demi-finale.

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