portrait lundi23 mars 2009

La pop dans ses lettres de noblesse

Orfèvre d’une pop délicate et raffinée, le Suédois Peter von Poehl sort «May Day», un album lumineux, à savourer bientôt en concert à Genève. Portrait

Sur son chemin, il a croisé le visage renfrogné de Michel Houellebecq, pour qui il a prêté ses riffs de guitare aux goûts surannés. Un fait d’arme improbable, accompli en 2000 aux côtés de l’auteur des Particules élémentaires qui avait entre-temps décidé de se convertir sans grand succès à la condition de chanteur transitoire. Tout cela fait partie de la vie lointaine de Peter von Poehl, d’une réminiscence opaque sur son chemin artistique. A presque dix ans de distance, cette silhouette filiforme venue de Malmö, familière des valises, qui troque Paris, Berlin et sa ville natale comme on change ses chaussettes le matin, sort un deuxième album sobrement baptisé May Day (Premier mai). Une perle miraculeuse qui dépasse les débuts très prometteurs de 2006, ceux fragiles et raffinés de Going to Where the Tea Trees Are. Et encore une fois, pour cette deuxième aventure discographique, le monde des lettres est venu s’immiscer dans ses partitions. Les mots de plus d’un tiers des nouveaux titres ont été écrits par Marie Modiano, fille de qui l’on sait et elle-même chanteuse au succès grandissant.

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