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Investissements samedi 17 mars 2012

L’UE s’alarme de l’asphyxie des entreprises grecques

Des rapports s’inquiètent des difficultés pour les milieux d’affaires

Les entreprises grecques sont au bout du rouleau. Patron de la task force de la Commission européenne chargée d’aider la Grèce à mieux ­absorber les 20 milliards d’euros de fonds communautaires disponibles pour son redressement, l’allemand Horst Reichenbach estime crucial le financement des PME. «Tous les patrons grecs nous disent la même chose: les banques leur coupent les crédits», a-t-il expliqué à Athènes puis à Bruxelles.

Cet alarmisme doit être remis dans le contexte d’un pays que les réformes risquent de laisser exsangue. Rendu public en parallèle, le nouveau rapport de la «troïka» – le collège d’experts chargé de surveiller l’ajustement imposé à la Grèce – rappelle que pour remplir ses objectifs, le pays devra réaliser 5,5% de PIB d’économies supplémentaires pour 2013-2014. Après une contraction de l’économie de 4,4% en 2012.

Athènes fait toujours face à des «défis de premier plan», estime pour sa part le Fonds monétaire ­international qui a approuvé vendredi un nouveau programme d’assistance de 28 milliards d’euros, dans le cadre du second plan européen de 130 milliards. Celui-ci permettra notamment à la Grèce de faire face, le 20 mars, à une échéance de 14,4 milliards.

Trois pistes

Comment rompre ce cycle infernal? Les différents rapports donnent trois pistes.

La première est de redonner de l’oxygène aux entreprises. La Commission européenne veut pour cela y consacrer près de six milliards, sous forme de prêts directs ou de fonds mis à la disposition des banques grecques. Dans l’immédiat, 600 millions sont disponibles pour les seules PME, a affirmé Horst ­Reichenbach, qui espère faire grimper ce montant à 1,1 milliard.

La seconde piste est la simplification des procédures pour les entreprises, les investisseurs mais aussi pour le déboursement des fonds communautaires. Selon Horst Reichenbach, les efforts entrepris depuis un an ont déjà permis à la Grèce d’atteindre une capacité d’absorption supérieure à la moyenne de l’UE. Le gouvernement grec, en lien avec Bruxelles, vient aussi de lancer une procédure d’urgence – «one stop shop» – pour les investisseurs. Mais des goulots d’étranglement demeurent, comme la paralysie des douanes, ou la question d’une réforme foncière sur laquelle travaillent les Pays-Bas. Les réformes administratives, pour leur part, sont placées sous l’égide de la France. Les 45 conseillers de la task force pourraient rester encore deux ans sur place. «Il n’y a pas de calendrier», confirme-t-on à Bruxelles.

Troisième piste: accroître la lutte contre l’évasion fiscale. 60 milliards d’euros seraient non déclarés et 30 milliards non collectés. Ce qui, indirectement, pose la question des négociations entre la Grèce et la Suisse, sur lesquelles la Commission exige d’avoir un droit de regard.

Le responsable de la «troïka», ­Mathias Mors, a répété à Bruxelles que des «progrès sont indispensables». Un sujet assuré de figurer au cœur de la campagne pour les législatives attendues pour fin avril-début mai. Le nouveau patron des socialistes grecs, le ministre des Finances Evangelos Venizelos, a dans le passé estimé à 65 milliards d’euros – soit 40% de sa dette – le montant des capitaux retirés des banques grecques depuis 2009.

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