banque jeudi12 novembre 2009

Jean-Pierre Roth, confessions

L’affaire des fonds en déshérence fut l’une des crises les plus intenses. La débâcle financière va induire des règles beaucoup plus strictes. Les grandes banques vont devoir diminuer drastiquement les risques

Rétrospective

«La Suisse n’a pas d’incitations positives à rejoindre la zone euro»


Le Temps: Si vous deviez retenir trois dates dans votre carrière de président, lesquelles seraient-elles?
Jean-Pierre Roth: J’aimerais tout d’abord lever une ambiguïté, ma carrière à la direction générale de la BNS porte sur quinze ans, dont neuf en tant que président. Cette fonction confère certes certaines prérogatives, mais les trois membres du directoire s’occupent ensemble du pilotage de la BNS. C’est la raison pour laquelle je préfère dresser une rétrospective sur quinze ans. La première période importante remonte à 1996-1997, j’étais alors vice-président, au moment de l’affaire des fonds en déshérence. Ce fut une époque très intense. Vous découvriez alors en écoutant la radio le matin que le sénateur américain Alfonse D’Amato venait de trouver un nouveau document apportant un éclairage inédit sur la manière dont la Suisse avait transféré des fonds durant la Deuxième Guerre mondiale. La situation évoluait du jour au lendemain. La deuxième période, qui est passée totalement inaperçue dans la presse, c’est la fantastique révision de la loi sur la Banque nationale, entrée en vigueur en 2004. Je l’ai accompagnée dans sa phase parlementaire, où il y a eu quelquefois volonté de modifier le texte. Au final, la loi a néanmoins été votée sans aucune modification. Je la tiens pour un modèle en termes de compétences et d’indépendance octroyées à la BNS. La dernière période importante est bien entendu la crise financière que nous avons traversée en 2008-2009.

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