Munie d’un téléphone portable et d’un ordinateur branché sur le Web, une personne qui a émigré n’a pas vraiment quitté son pays et sa famille. La sociologue Dana Diminescu montre cette nouvelle réalité de la migration
On se représente en général un immigré comme quelqu’un qui est parti de chez lui pour trouver du travail et qui est arrivé dans un pays où par chance il a pu se brancher sur le monde de l’emploi. Il a rompu ses liens familiaux et sociaux d’origine mais, étranger là où il est arrivé, il n’est pas intégré. On le voit absent de son pays d’origine, qu’il a quitté, et absent de son pays d’accueil, où il n’a pas de place évidente, sinon chez son employeur pendant la période du contrat s’il y en a un. Cette double absence, d’ici et de là-bas, a forgé toute une imagerie de la migration, qui tourne autour du malheur, de la rupture d’avec là-bas, et du besoin d’intégration ici. Le migrant est un «déraciné» qu’il faut stabiliser par des mesures adéquates. Sédentariser le nomade.|
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