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birmanie vendredi 12 novembre 2010

Aung San Suu Kyi, toujours l’attente

Le Temps/AFP

(AFP)

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Selon notre correspondant à Bangkok, les autorités birmanes ont relâché ce vendredi le prix Nobel de la Paix symbole de l’opposition en Birmanie. Si Aung San Suu Kyi semble «techniquement» libre, la confirmation de sa libération se fait attendre, de quoi susciter un appel d’experts de l’ONU à respecter les délais prévus pour la libérer

Des sources birmanes ont confirmé que les militaires avaient signé l’ordre de libération de Aung San Suu Kyi, qui est donc «techniquement» libre. Il reste que la dissidente n’a encore fait aucune apparition publique. Une conférence de presse est toujours attendue, sans que soit intervenue de confirmation de la libération du prix Nobel de la Paix.

La sécurité était renforcée vendredi à Rangoun, et selon des responsables birmans, il est «sûr» que la lauréate du prix Nobel de la paix va être libérée.

Espérant une libération dès vendredi, environ 600 de ses partisans se sont rassemblés devant le siège de sa Ligue nationale pour la démocratie (LND), certains portant des t-shirts blancs avec sa photo. Des policiers filmaient le rassemblement à l’extérieur du bâtiment sur lequel était accrochée une banderole avec ces mots: «le temps est venu pour la libération d’Aung San Suu Kyi».

Mais à la tombée de la nuit, les partisans de la «Dame» de Rangoun sont rentrés chez eux, après un appel lancé par les responsables de la Ligue qui n’avaient toujours pas eu de confirmation de sa libération.

Mobilisation

Quatre experts de l’ONU ont exhorté vendredi le régime militaire birman à libérer l’opposante dans les délais prévus. «Selon les termes de la détention de Aung San Suu Kyi établie en vertu des propres procédures légales birmanes, sa peine s’achève samedi 13 novembre», souligne un communiqué des experts.

Ils «exhortent le gouvernement à veiller à mettre fin à toutes ses restrictions de déplacements et d’activités».

Vendredi, un responsable birman a assuré que la lauréate du prix Nobel de la paix, âgée de 65 ans, «sera libérée sans aucun doute comme prévu […] Nous attendons juste l’horaire pour la libérer».

Sa dernière condamnation expire samedi, moins d’une semaine après les premières élections en 20 ans, dénoncées comme une mascarade par l’Occident.

Des élections problématiques

«Les élections n’ont pas répondu aux normes internationales, et les médias ont été empêchés de les couvrir», déplorent les experts de l’ONU. Ils demandent également la libération de 2.200 prisonniers politiques, déplorant le fait que Rangoun ne les ait pas libérés avant les élections «afin de rendre le processus électoral plus inclusif».

Les experts signataires de cet appel sont le Rapporteur spécial pour les droits de l’homme en Birmanie Tomas Ojea Quintana, le coprésident du Groupe de travail sur la détention arbitraire El Hadji Malick Sow, le Rapporteur spécial de l’ONU pour la liberté d’opinion et d’expression Frank La Rue et la Rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l’homme Margaret Sekaggya.

Ils se sont montrés également préoccupés par le récent déplacement de 15.000 Birmans vers la Thaïlande qui au lendemain de la tenue des élections ont dû fuir les combats à l’arme lourde entre l’Armée bouddhiste démocratique karen (DKBA) et l’armée birmane. La plupart de ces réfugiés ont pu revenir chez eux, selon le Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR).

Mais les affrontements près des villages birmans de Maekata et Halokani ayant repris vendredi, selon le personnel sur place du HCR, ce dernier demande au gouvernement thaïlandais d’accorder plus de temps aux réfugiés qui ne sont pas encore rentrés en Birmanie.

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