Texte - +
Imprimer
Commenter
Reproduire
elisabeth Assal mardi 25 octobre 2011

Les talents manquent: que faire pour les attirer?

Les entreprises feront tout pour garder leurs «talents» et attirer les meilleurs éléments! Au salon des RH, qui s’est tenu le 5 et 6 octobre à Palexpo, nombreux sont les orateurs qui ont parlé du manque croissant de talents

Des phénomènes démographiques expliquent qu’aujourd’hui la pyramide des âges est en forme de losange, et que bientôt, avec le départ à la retraite des baby boomers, le losange se transformera en un triangle sur sa pointe. Les jeunes actifs seront moins nombreux que les retraités. C’est pourquoi, les prochaines décennies verront un manque croissant de personnel formé et qualifié, les «talents». Que sera alors le monde du travail?

Au problème purement démographique, se superposent les besoins toujours plus pointus des entreprises qui souhaitent compter dans leur rang de collaborateurs hypercompétents.

Le manque de talents anticipé par certains se profile déjà à l’origine d’un nouveau type de gestions des ressources humaines. Si former ses collaborateurs est devenu en quelques années un élément incontournable de la gestion des ressources humaines, le nombre de formations professionnelles, de diplômes, de MBAs de tous ordres croît chaque année.

Soucieuses de l’évolution du marché du travail, de nombreuses entreprises participent déjà financièrement à la mise à niveau voire à la formation de leurs collaborateurs. Elles s’assurent ainsi un personnel au top de ses performances et restent concurrentielles.

Si, comme prévu, la tendance du manque de talents venait à s’accentuer, on pourrait voir apparaître une véritable compétition entre employeurs pour savoir qui d’entre eux offriraient les meilleures conditions pour attirer et retenir les talents. Comme par exemple les conditions salariales, les opportunités de formation, l’environnement de travail, l’aménagement des horaires, etc. Les entreprises les plus «généreuses» seraient rapidement reconnues et donc attractives. Mais verrait-on alors une gestion des ressources humaines à deux temps, une pour les talents et une pour les collaborateurs moins qualifiés?

La perspective du manque de talents, peut paraître plutôt réjouissante dans un premier temps. Car place vacante peut résonner avec emploi. Mais la réalité n’est pas si simple. La tendance est déjà amorcée et les statistiques montrent qu’il n’y a pas de corrélation directe entre le nombre de postes restés vacants par manque de candidat compétents et le taux de chômage.

Comment l’économie va-t-elle alors absorber le manque de talents? Va-t-on voir une baisse des prestations offertes par les entreprises ou l’accueil de talents venus des quatre coins du monde? Plus qu’un problème de gestion des ressources humaines, le manque de talents est un véritable problème de société.

Rencontrant quotidiennement des employeurs qui cherchent des solutions pour équilibrer exigences du marché et gestion des ressources humaines, je me demande si le manque de talent ne va pas exiger une réflexion profonde sur ce que l’on entend par «travail». Il va falloir faire autrement que jusqu’à présent. Il va falloir se montrer créatif.

Espérons alors que les formations hyperpointues qu’auront suivies les talents du futur feront la part belle à la créativité, car n’est-ce pas l’imagination et notre capacité de penser autrement qui fait le plus défaut dans le monde du travail?

Reproduire
Commenter
Texte - +

chroniques

Femmes en Affaires Les affaires, côté femmes. Elles sont neuf et ont accepté de tenir une chronique pour letemps.ch, publiée tous les mardis. Elles sont actives, souvent à des postes de responsabilité, dans des secteurs aussi différents que le financement de start-up ou la recherche médicale, les ressources humaines, le droit ou la communication, la philanthropie ou la haute technologie. Comment réagissent-elles à l'actualité économique? Quelles sont les tendances qu'elles détectent lors de leurs voyages d'affaires? Retrouvez chaque mardi les chroniques de nos «femmes en affaires».