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france samedi 31 mars 2012

Dynamique favorable pour Nicolas Sarkozy

Les thèmes de prédilection du président-candidat, la sécurité et l’immigration, sont revenus au premier plan. Dans le camp socialiste, les critiques pleuvent à nouveau sur le bilan du chef de l’Etat

Meetings, déplacements en région, rencontres avec les Français: dix jours après la tuerie de Toulouse qui a marqué un coup d’arrêt dans la campagne, celle-ci a repris ses droits. Il a d’abord fallu «renouer les fils d’un dialogue différent avec les Français après cette période de drame traumatisant», commente Nathalie Kosciusko-Morizet, la porte-parole du président candidat. «Maintenant, nous sommes définitivement sorti du problème de lisibilité qui a marqué le début de la campagne et la ferveur est là»: la porte-parole assure l’avoir ressentie dans les derniers meetings. Nicolas Sarkozy en tient cinq à six par semaine. Le centriste Jean-Louis Borloo est revenu à ses côtés. Pour conserver la main, le chef de l’Etat sortant devrait présenter son programme la semaine prochaine.

La dynamique paraît favorable à Nicolas Sarkozy. Dans plusieurs sondages, il dépasse désormais François Hollande dans les intentions de vote au premier tour le 22 avril. Selon la dernière enquête de l’institut CSA, 30% des Français choisiraient Nicolas Sarkozy au premier tour, 26% opteraient pour le socialiste, qui demeure cependant largement favori au second tour. Les sondeurs estiment que la tragédie de Toulouse n’a pas eu d’impact notable. Néanmoins, elle a fait revenir au premier plan des sujets sur lesquels le président est particulièrement à l’aise: la sécurité et l’immigration.

«Flou» socialiste

Les attaques aussi ont repris. De la part du camp présidentiel envers «le flou» des propositions de François Hollande et «le changement de ses positions en fonction du public auquel il s’adresse». «Nicolas Sarkozy demande des efforts aux Français, François Hollande les condamne aux sacrifices», assène Nathalie Kosciusko-Morizet. L’ancienne ministre critique notamment les propositions fiscales du socialiste: en voulant taxer à 75% les revenus supérieurs à un million d’euros, François Hollande défend «une vision punitive des riches. Alors que Nicolas Sarkozy, qui envisage de taxer les exilés fiscaux, veut dissuader les plus riches de partir et les inciter à réinvestir dans l’économie française.» Cette proposition d’inspiration plutôt de gauche devrait contribuer à déconstruire l’image de «président des riches» qui colle à la peau de Nicolas Sarkozy.

Dans le camp adverse, les critiques pleuvent à nouveau sur le bilan du président sortant. Vendredi, alors que Nicolas Sarkozy se félicitait que le déficit 2011, de 103 milliards d’euros, soit inférieur aux prévisions (à 5,2% du PIB, au lieu de 5,7% initialement prévu, contre 7,1% en 2010), le PS a envoyé un communiqué assassin. Michel Sapin et Jérôme Cahuzac, deux responsables chargés des questions économiques, accusent Nicolas Sarkozy de «transformer en bonne nouvelle, une mauvaise nouvelle», celle de la hausse de la dette. «Le chiffre de 5,2% de déficit budgétaire en 2011 par rapport au PIB cache la hausse continue et inquiétante de l’endettement de la France», relèvent-ils. La dette, de 1717 milliards d’euros, atteint 85,8% du PIB, contre 82,3% fin 2010, selon l’Insee. «Cette dégradation est bien supérieure aux prévisions officielles et va peser lourdement et durablement sur les finances de la France», dénoncent les deux socialistes, pour qui Nicolas Sarkozy conforte «sa position de pire gestionnaire de l’histoire».

Outre la progression de Nicolas Sarkozy, le camp socialiste fait face à une autre poussée continue, celle du candidat du Front de gauche. Jean-Luc Mélenchon dépasse désormais 10% d’intentions de vote au premier tour et entend peser sur l’ensemble de la gauche.

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