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Finance lundi 05 février 2007

Comprendre les produits structurés pour mieux en profiter (10)

Alexandre Michellod Economiste gérant de fortune auprès de Wegelin & Co. Banquiers Privés Lausanne

Dans une série de douze articles, nous avons entrepris de présenter et de commenter, pour les lecteurs du journal Le Temps, l'ouvrage intitulé Les produits structurés dans la gestion de fortune, dont la version française est sortie de presse le 18 mai dernier, un livre corédigé par Steffen Tolle, Boris Hutter, Patrik Rüthemann et Hanspeter Wohlwend, quatre économistes de l'Université de Saint-Gall, respectivement aujourd'hui associé-gérant et membres de la direction de Wegelin & Co. Banquiers Privés.

Les trois derniers articles de cette série expliqueront comment les produits structurés doivent s'insérer dans un processus d'investissement intégré tout en tenant compte de leur profil spécifique. Les avantages d'une utilisation systématique des produits structurés dans la gestion de fortune résultent en effet de la parfaite maîtrise de cette intégration. Dans les lignes qui suivent, nous allons brièvement décrire un processus d'investissement qui se démarque à plusieurs égards de ce que l'on peut observer dans la pratique et permettant entre autres une utilisation systématique et pragmatique des produits structurés dans la gestion de fortune.

L'implémentation d'un processus d'investissement débute tout d'abord par la définition du profil de l'investisseur. Ses besoins et ses préférences sont identifiés afin de déterminer une allocation d'actifs personnalisée. Le but est de parvenir à une répartition des actifs qui corresponde de manière optimale à sa situation personnelle. L'investisseur n'est pas simplement placé dans une catégorie prédéfinie: il est traité individuellement.

La fortune est répartie ensuite entre différentes classes de risque en fonction de leur espérance de rendement respective (classes de risque-rendement ou CRRP) selon une approche de gestion actif-passif («asset liability management» ou ALM). Ces CRR permettent une segmentation systématique de l'univers d'investissement. Il ne s'agit pas d'une répartition par type d'actifs comme par exemple les placements monétaires, les obligations, les actions ou encore les produits structurés. Les instruments présentant des caractéristiques de risque et de rendement similaires sont rangés dans la même classe.

L'allocation d'actifs stratégique (AAS) consiste ensuite à définir la répartition de la fortune au sein des CRR, chaque classe étant elle-même divisée en plusieurs catégories de placement. Les pondérations sont généralement maintenues pendant un certain temps, à savoir entre deux et cinq ans. D'où le qualificatif de «stratégique». Contrairement à l'allocation d'actifs stratégique, l'allocation d'actifs tactique (AAT) vise à fixer les surpondérations et sous-pondérations du portefeuille dans une optique à court terme. Elle est normalement réajustée dans un intervalle allant de deux à six mois.

Une fois l'allocation d'actifs définie, il s'agit de la mettre en application. La construction du portefeuille se fait en tenant compte des restrictions préalablement imposées par l'investisseur. On recourt à une approche dite «core-satellite» (noyau et placements complémentaires du portefeuille), qui allie gestion indicielle et gestion active. On appelle «gestion de portefeuille» la phase de concrétisation à proprement parler de cette approche. L'objectif est de composer un portefeuille qui respecte tant les impératifs de l'investisseur que les paramètres issus du processus d'investissement, avec comme priorité d'assurer une diversification optimale.

Les comités et systèmes intervenant lors du processus d'investissement n'en font pas réellement partie: ils lui servent de support. Ils interviennent à chaque étape pour prendre périodiquement les décisions qui permettent le déroulement du processus d'investissement.

L'expérience a montré qu'un recours non systématique et non coordonné aux instruments financiers produisait des résultats insatisfaisants, tant en termes de rendement que de risque. Dans ce contexte, nous avons présenté un processus d'investissement reposant sur une approche à la fois systématique et méthodique. Sur la base de ces éléments, nous aborderons dans le prochain article de notre série le thème de l'intégration des produits structurés dans la gestion de fortune.

Cette dixième leçon est le résumé des pages 131 à 157 du livre «Les produits structurés dans la gestion de fortune», Edition Neue Zürcher Zeitung. Les articles peuvent êtres téléchargés sur http://www.wegelin.ch et http://www.letempsfinance.ch

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