Culture samedi11 août 2007

La Porte bleue

André Clavel

André Brink. La Porte bleue. Trad. de Bernard Turle. Actes Sud, 114 p.

Parfois censurée à l'époque de l'apartheid, souvent très intimiste, l'œuvre d'André Brink est un gigantesque rêve éveillé, afin d'échapper aux pesanteurs de l'Histoire. Paru l'an dernier en Afrique du Sud, La Porte bleue est une plongée dans le monde intérieur – et dans les fantasmes – d'un homme qui semble avoir perdu ses repères. David, 44 ans, est professeur et peintre à ses heures. Pour oublier sa vie conjugale trop routinière, il aime aller travailler en solitaire dans le petit atelier qui lui sert de refuge. Un soir, après avoir poussé la porte bleue de cet atelier, il tombe soudain sur une femme noire et sur deux enfants qui l'attendent mystérieusement, en prétendant très bien le connaître. Est-il victime d'une supercherie, d'une hallucination ou d'un rêve? Et qui est cette femme dont il ne sait rien, mais qui affirme être son épouse? L'auteur d'Un Turbulent Silence ne répond pas et nous laisse errer dans l'inconscient de son héros, qu'il compare à celui de La Métamorphose… Voilà sans doute le roman le plus énigmatique de Brink, entre conte fantastique, allégorie kafkaïenne et méditation sur la perte d'identité.

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