Le chroniqueur de la scène rock revient au roman avec une mince intrigue transcendée par des digressions éblouissantes
L’émission de Denis Guillerm est supposée être «la borne incontournable de la scène rock alternative». Lui, qui s’est perdu de vue depuis longtemps, ne se rencontre plus que dans le regard – ou l’oreille – des autres. Ce «prescripteur d’opinion» n’aurait pas dû transgresser la règle qu’il s’était fixée: ne jamais rencontrer une auditrice. Mais la lettre de Tatiana Grechko l’a amusé. Il imaginait «une grosse marrante à la démarche énergique». C’est une Néfertiti qui lui rappelle Françoise Hardy. Quelques mois de passion, compliquée par la jalousie de Tatiana, son exigence d’absolu, son talent pour l’invective. Denis Guillerm n’est nullement prêt à sacrifier sa quiétude conjugale à l’envoûtement amoureux. L’affaire sombre, laissant quelques cicatrices. Dégoûté du monde, «pour lui abominable, de la télévision et de la communication», Denis s’est «mis dans un trou pour ricaner». Pas de quoi être fier, imposteur confronté à sa vacuité.|
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