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hydrocarbures mercredi 10 novembre 2010

L’AIE relativise le spectre du «pic pétrolier»

La nouvelle vague d’économies d’énergie évoquée ces dernières années peut, à elle seule, rééquilibrer la scène pétrolière mondiale. Et faire de la place aux besoins énergétiques des nouveaux pays industrialisés.

A première vue, les prévisions pour les vingt-cinq prochaines années dévoilées mardi par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), font écho aux craintes qui avaient poussé – avant la crise financière – le prix du pétrole à des sommets de 147 dollars. Le «nouveau monde» a de plus en plus faim d’énergie. De pétrole en particulier. A lui seul, le brut dévoré par la Chine – qui enflera, selon l’AIE, de 2,4% par an – représentera la moitié des besoins supplémentaires requis.

Le brut à 105 dollars en 2025

Ce constat posé, la «voix» des pays industrialisés sur la scène énergétique se fait cependant beaucoup moins alarmiste. L’AIE esquisse plutôt une nouvelle ère d’économies d’énergie, permettant de faire de la place aux besoins des nouveaux pays industrialisés.

Selon l’agence basée à Paris, la seule mise en place des politiques énergétiques déjà annoncées permettrait de limiter l’accroissement des besoins pétroliers à 17% d’ici à 2035, la planète devant alors brûler 99 millions de barils par jour. Ce scénario n’a rien d’irréaliste: il suppose la fin des tarifs pétroliers subventionnés dans les pays ayant déjà annoncé de telles mesures, 25% d’émissions de gaz à effet de serre en moins en Europe, 15% d’électricité renouvelable aux Etats-Unis ou une réduction par Pékin de son «intensité en CO2» conforme aux objectifs minimaux fixés.

Dans un tel environnement, la production de pétrole classique atteindrait certes un «plateau» de 70 millions de barils par jour dès 2020. Mais les carburants liquides dérivés du gaz naturel ou le pétrole non conventionnel fournissent la différence. Et permettent «à la production totale d’augmenter pour plusieurs décennies», celle-ci «n’atteignant pas son pic avant 2035».

Résultat, en termes réels, le prix du baril ne monte pas à plus de 105 dollars en 2025 et à 113 dollars en 2035. Un constat d’autant plus dérangeant que ces derniers mois, plusieurs banques ont évoqué le retour du baril à 100 dollars.

Comme le rappelle l’AIE, le spectre du «pic pétrolier» est autant le fruit des besoins en brut et de son prix que des quantités extraites du sous-sol, qui, elles aussi, «dépendent du prix et de la technologie». L’agence rappelle que l’augmentation de 1% de la récupération sur les champs actuels ajoute 80 milliards de barils dans la balance, soit deux ans et demi de consommation mondiale. Et souligne que, si son scénario d’économies d’énergie se réalise, seulement «un peu plus de la moitié des ressources recouvrables en brut conventionnel auront été extraites» dans vingt-cinq ans.

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