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conjoncture vendredi 16 avril 2010

La forte croissance chinoise relance les craintes de surchauffe

Le PIB a augmenté de 9,11% au premier trimestre 2010. Alors que Pékin s’en félicite, des analystes anticipent des pressions sur le crédit et sur le yuan. Les pays du BRIC sont sur la même lancée

De nombreux plans de relance, des milliards d’investissement dans les infrastructures, des cadeaux fiscaux pour soutenir la consommation, des crédits à gogo et pas chers. Ces mesures prises en 2008 et 2009 pour maintenir l’économie chinoise à flot, alors que les Etats-Unis et l’Europe sombraient dans la récession, ont eu l’effet escompté. Au premier trimestre 2010, le produit intérieur brut (PIB) a bondi de 11,9%, un chiffre supérieur aux attentes des analystes ainsi que ceux des institutions financières internationales et par ailleurs, un record depuis 2007.

Durant la même période, la production industrielle a augmenté de 19,6%, les ventes au détail de 17,9% et les investissements fixes de 25%. L’inflation a grimpé à 2,4% alors que l’objectif officiel maximum est de 3%.

Les chiffres du Bureau national de statistique chinois sont diversement interprétés. «L’année a bien démarré, s’est réjoui un responsable de cette agence. La reprise évolue à un bon rythme et les bases sont posées pour atteindre les objectifs de croissance pour 2010.» Pékin estime qu’un taux de croissance minimal de 8% par année est nécessaire pour garantir l’équilibre budgétaire et la création d’emplois.

De nombreux analystes font une lecture moins positive. Un taux de croissance si élevé est synonyme de surchauffe économique, estiment plusieurs d’entre eux. Selon eux, les signes avant-coureurs sont là et le gouvernement chinois doit prendre certaines mesures, notamment l’augmentation du taux d’intérêt pour réduire les investissements et la consommation ainsi qu’une appréciation de la monnaie chinoise dont le taux actuel est jugé pénalisant pour les importations. L’agence Bloomberg souligne que les prix de l’immobilier résidentiel et commercial ont augmenté de 11,7% en mars dans 70 villes chinoises. Selon elle, en cas d’explosion de bulle immobilière, les conséquences se feront sentir non seulement en Chine, mais aussi sur l’ensemble de la planète.

A ce sujet, les autorités chinoises reconnaissent le danger et expliquent qu’elles visent à couper les crédits bancaires de 22% en 2010 par rapport à l’an dernier lorsqu’ils avaient atteint le montant historique de 1400 milliards de dollars. Après la publication des chiffres conjoncturels par la Chine, les regards sont tournés vers l’Inde, le Brésil et la Russie, ces quatre pays formant le groupe connu sous le sigle BRIC. Selon de nombreux orateurs qui ont participé en début de semaine à un séminaire consacré aux pays BRIC à Genève, la reprise est solidement installée dans les quatre économies.

En Inde, la croissance qui est soutenue par une classe moyenne grandissante devrait dépasser 7% en janvier et mars. Par contre, cette évolution pourrait être mise en cause par une inflation qui a atteint 15% durant cette période.

Les perspectives sont tout aussi positives pour le Brésil. L’économie est tirée notamment par la construction ainsi que par les matières premières agricoles et industrielles dont le pays est un grand exportateur.

La Russie a été présentée comme la favorite de beaucoup d’investisseurs. Comme le Brésil, le pays tire profit de l’augmentation des prix des matières premières et du pétrole. La croissance, négative de 8,7% en 2009, devrait dépasser les 5% cette année.

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