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Taux de change mardi 27 décembre 2011

La Chine poursuit sa stratégie pour internationaliser le yuan

La monnaie chinoise s’est appréciée de 4% en 2011

Le gouvernement chinois, les banques internationales ainsi que les stratèges en politique de change ont les yeux rivés sur l’évolution du yuan en cette fin d’année. Celui-ci s’est apprécié de 4% en 2011. La rumeur voudrait que Pékin ait lâché quelque peu la bride et l’ait laissé se renforcer ces derniers mois. Son objectif serait de freiner le flux de capitaux à l’étranger. Selon Bloomberg, près de 28 milliards de dollars auraient quitté la Chine en novembre à cause des incertitudes économiques.

La pression sur le yuan vient aussi de ses partenaires commerciaux, plus particulièrement des Etats-Unis. Ces derniers ont un déficit commercial massif avec la Chine, qu’ils accusent de sous-évaluer le yuan pour aider ses exportations. La faiblesse de la monnaie chinoise inquiète aussi d’autres pays, dont le Brésil, qui a pris l’initiative de réclamer une étude sur ses conséquences sur les échanges internationaux à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Le gouvernement brésilien a aussi demandé que celle-ci organise une discussion publique sur le sujet. Un séminaire aura bel et bien lieu sur le sujet ce printemps à Genève, malgré l’opposition de Pékin, qui a fait entendre que l’OMC n’est pas le forum approprié pour discuter des taux de change.

Pacte avec le Japon

Une autre raison expliquerait la souplesse chinoise. Lentement mais sûrement, les dirigeants chinois poursuivent leur stratégie pour internationaliser le yuan dans le but de réduire leur dépendance au dollar. Ils entendent négocier de plus en plus des échanges, à commencer en Asie, en monnaie chinoise. A ce propos, ils ont signé dimanche un pacte avec le Japon sur l’utilisation de leurs deux monnaies dans les échanges bilatéraux. Une appréciation du yuan encouragerait aussi le gouvernement japonais, qui veut diversifier ses placements, à investir dans les obligations chinoises. Lors d’une visite d’Etat ce week-end à Pékin, une délégation japonaise a affirmé qu’un montant équivalant à 10 milliards de dollars sera investi dans l’immédiat. Des analystes à Pékin estiment que le Japon ressent la nécessité, comme la Chine, de réduire les achats des obligations américaines.

Mardi dernier, la Chine a accordé un crédit de 70 milliards de yuan (11 milliards de dollars) à la Thaïlande dans le but d’encourager l’utilisation de sa monnaie en Asie du Sud-Est. La plupart des pays de cette région jouissent d’un excédent commercial avec le géant chinois. L’Indonésie, le Vietnam, les Philippines, la Malaisie, le Cambodge, le Laos, Brunei, Myanmar et Singapour ont importé des produits et services chinois pour 154 milliards de dollars durant les onze premiers mois de 2011, contre des exportations de 174 milliards.

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