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Formule 1 samedi 17 mars 2012

Tous derrière Sebastian Vettel

L’Allemand prend la pose avant le coup d’envoi de la saison. (AP Photo)

L’Allemand prend la pose avant le coup d’envoi de la saison. (AP Photo)

Alors que la saison 2012 démarre ce dimanche à Melbourne, le champion du monde allemand fait figure de grand favori à sa propre succession

A 24 ans, Sebastian Vettel affiche déjà un palmarès comptant deux titres mondiaux – et il est le plus jeune pilote de l’histoire à y être parvenu. Un record qui ne suffit pas à assouvir sa soif de victoires, mais qui ne fait, au contraire, qu’alimenter sa haine de la défaite. Lundi soir, lorsque le jeune Allemand est arrivé en Australie, il affichait clairement son intention: faire mordre la poussière à ses adversaires et remporter un troisième titre mondial consécutif. S’il y parvenait, il deviendrait le troisième pilote à réussir cet exploit, après Juan-Manuel Fangio et Michael Schumacher.

Cette saison risque pourtant de ne pas s’avérer aussi facile que 2011 pour le champion. L’an dernier, aucune monoplace ne se comparait à sa Red Bull RB7: au terme des essais de l’hiver, tant les Ferrari que les McLaren s’étaient avérées hors du coup et avaient laissé champ libre au champion du monde.

Cette année, tout ne s’annonce pas aussi facile, même si la Scuderia Ferrari semble une fois encore en difficulté. Au cours des essais de l’hiver, les chronos de la nouvelle F2012 ont trahi une monoplace rétive et difficile à régler. «Je ne suis pas totalement pessimiste, temporise Fernando Alonso, pilote de la Scuderia. Nous n’avons encore jamais essayé de réunir toutes les nouveautés prévues sur la voiture. Attendons donc de nous retrouver aux qualifications, à Melbourne, pour voir ce que nous valons vraiment.»

Pour Felipe Massa, son coéquipier chez Ferrari, il ne faut pas s’attendre à voir une monoplace rouge sur le podium demain. «Nous ne serons peut-être pas dans les trois premiers, en effet, mais nous allons au moins tout tenter pour y arriver. Je me suis préparé mentalement à un début de saison difficile.»

Chez McLaren, l’état d’esprit est inverse: «L’an dernier, nous savions que notre voiture n’était pas prête pour commencer la saison, et nous avons beaucoup souffert pendant les premières courses, explique Lewis Hamilton. Cette année, c’est tout le contraire: je suis descendu de l’avion avec le sourire aux lèvres. Je crois que je ne me suis jamais senti aussi prêt à en découdre à l’orée d’une saison.»

C’est pourtant une nouvelle fois du côté de l’écurie Red Bull qu’il faut chercher le grand favori du championnat. «Franchement, je ne vois pas qui pourrait battre Sebastian Vettel», lance ainsi Bernie Ecclestone, le détenteur des droits commerciaux de la Formule 1. «Il compte tous les atouts dans son jeu: il est enthousiaste, travailleur, jeune et il en veut.»

En partant d’une monoplace gagnante, la RB7, Adrian Newey, le directeur technique de Red Bull, semble avoir conçu une voiture encore plus raffinée et compétitive cette saison. Jusqu’ici, lors des essais privés, elle n’a encore jamais dévoilé son potentiel, tout simplement parce que ses ingénieurs ne l’ont jamais fait rouler en conditions de qualification.

Pour Sebastian Vettel, le plus grand danger semble venir de son propre coéquipier, Mark Webber. Son contrat ayant été prolongé une nouvelle fois, l’Australien s’affirme en mesure de battre l’Allemand. «En 2009, je m’étais cassé la jambe pendant l’hiver. En 2010, j’ai été opéré une nouvelle fois et en 2011, j’ai eu du mal à m’adapter aux pneus Pirelli. Mais cette année, je me sens plus fort que jamais», martèle l’Australien.

Traditionnellement, les derniers essais privés à se tenir sur le circuit de Barcelone – juste avant d’embarquer le matériel pour le Grand Prix d’Australie – permettent de se forger une bonne opinion sur les forces en présence en début de saison.

Cette année néanmoins, il semble que ce ne soit pas vraiment le cas: tandis que Sebastian Vettel échouait à la dernière place de ces essais, le classement était mené par la Lotus (ex-Renault) de Kimi Räikkönen. Revenant sur les circuits de Formule 1 après deux saisons passées à disputer des rallyes, le Finlandais compte sur sa Lotus pour signer quelque exploit. «En fait, il me semble que les choses n’ont pas réellement changé pendant mon absence. Ce sont les mêmes personnes et les mêmes problèmes», lâche-t-il, conscient que ses excellents chronos de Barcelone ne s’avèrent guère significatifs. «Nous aimerions bien terminer sur le podium à Melbourne, comme l’an dernier, remarque Eric Boullier, le patron de l’écurie Lotus. Mais cette année, il semble que la hiérarchie soit particulièrement serrée et qu’il soit impossible de prédire ce qui se passera dimanche.»

C’est samedi, au terme des qualifications, mais surtout dimanche soir à l’issue du premier Grand Prix de la saison que se dessineront les premières courbes de ce qu’on pourra attendre de ce championnat 2012. La belle confiance de l’écurie Red Bull est-elle justifiée? Les deux McLaren pourront-elles lui tenir tête? Mark Webber sera-t-il à nouveau battu par Sebastian Vettel? Autant de questions qui n’ont plus qu’un jour à attendre pour trouver un début de réponse.

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