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Turquie samedi 14 avril 2012

L’Iran et les Six reprennent les pourparlers sur le nucléaire

AFP

Catherine Ashton, porte-parole du chef de la diplomatie européenne et Saeed Jalili, chef iranien des négociations. (Keystone)

Catherine Ashton, porte-parole du chef de la diplomatie européenne et Saeed Jalili, chef iranien des négociations. (Keystone)

L’Iran et les grandes puissances ont repris samedi, à Istanbul, leurs discussions visant à apaiser les tensions sur le programme nucléaire iranien controversé. Mais l’espoir est mince d’aboutir à des résultats spectaculaires

L’Iran et les grandes puissances ont repris samedi à Istanbul de difficiles discussions visant à apaiser les tensions sur le programme nucléaire iranien controversé, mais l’espoir était mince d’aboutir à des résultats spectaculaires.

«Il y a une atmosphère positive. Il y a le souhait de parvenir à des progrès substantiels», a déclaré Catherine Ashton, après l’ouverture des travaux. La porte-parole du chef de la diplomatie européenne dirige la délégation des «5+1» (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, Allemagne) réunis sur ce dossier avec l’Iran, après une interruption de près de 15 mois.

«Il n’y pas de désaccord pour l’instant», a cependant aussitôt ajouté le porte-parole, Michael Mann, comme pour tempérer tout enthousiasme hâtif.

Interrogé sur le point de savoir si ces pourparlers seraient le début d’un processus de négociations sur la durée, M. Mann a jugé que cela dépendrait des progrès enregistrés à Istanbul.

Selon plusieurs délégués présents, l’enjeu des discussions est de parvenir à s’accorder sur un deuxième cycle de pourparlers plus approfondis. «Nous n’attendons rien de très précis… mais on va parler de la possibilité de se retrouver d’ici à quatre ou six semaines, si possible», a ainsi déclaré un diplomate sous couvert de l’anonymat.

Les pays occidentaux soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire. Ils s’inquiètent de la capacité acquise par ce pays d’enrichir l’uranium, pour une utilisation civile, mais aussi éventuellement militaire.

Ils s’intéressent notamment à l’usine de Fordo, près de la ville sainte de Qom, qui produit de l’uranium enrichi à 20%, mais pourrait pousser cet enrichissement au niveau de 90% requis pour une arme nucléaire.

Les signaux envoyés avant l’ouverture des travaux ont été plutôt négatifs. L’Iran a jugé «décevante» l’attitude des Occidentaux, et les Etats-Unis ont haussé le ton, demandant à Téhéran de faire preuve de «sérieux».

La position occidentale «ne permet pas d’y voir des points permettant d’espérer» avancer dans ces discussions, a ainsi déclaré vendredi à l’AFP une source proche de la délégation iranienne, qualifiant l’attitude des Occidentaux de «décourageante et décevante».

Téhéran a été condamné par six résolutions de l’ONU dont quatre assorties de sanctions. Celles-ci ont été renforcées depuis 2010 par un embargo commercial, financier et pétrolier des Etats-Unis et de l’Union européenne.

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