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mode mardi 10 avril 2012

«La valse des directeurs artistiques»

Raf Simons, florilège et verbatim

Il y a un an, les Hors-Séries du Temps publiaient un long entretien avec Raf Simons. Extraits choisis à relire à la lumière de la nomination du designer belge chez Christian Dior.

Les débuts

«Lorsque j’ai débuté, comme les autres designers de mon époque, je réagissais à ce qui me précédait. Je voulais aller à l’encontre des années 80 car je ne me retrouvais pas dans cette esthétique. Les carrures d’épaules, les défilés façon show à l’américaine, les hommes bodybuildés et les peaux bronzées, tout cela m’était tellement étranger. Moi, j’étais plutôt maigre, pâle, fragile, introverti. C’est donc en ne trouvant pas ma place dans ce qui existait que je me suis créé de toutes pièces mon espace.»

La pression

«Il suffit de regarder ce qui s’est passé ces derniers mois, la valse des directeurs artistiques, les dérapages, les dépressions… Actuellement, il y a clairement trop de pression sur les épaules des designers, trop d’exigences en termes de résultat. Auparavant, on faisait deux collections de prêt-à-porter par an. Aujourd’hui, il faut en plus sortir des précollections, des collections croisière, des capsules… Je connais des designers qui se mettent à réfléchir à leur collection un mois à peine avant le défilé!»

Le sang neuf

«La mode est toujours à la recherche de sang neuf. C’est ça la magie du milieu, d’ailleurs. Et dans les années 90, lorsque j’ai commencé, les gros acheteurs étaient plus que jamais en quête de démarches originales. Ce n’est que plus tard que les grandes maisons se sont mises à acheter les plus petites, qu’elles ont fait de leurs directeurs de création des stars qui incarnaient littéralement l’image de la marque, se sont diversifiées dans les accessoires, les chaussures, les sacs… Alors que pour notre génération, ce n’était pas le plus important!»

Publiés dans «Le Temps»
du 14.09.2011

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