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couples gays jeudi 13 décembre 2012

L’adoption sera limitée aux enfants des partenaires

ATS

(Keystone)

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Le Conseil national se rallie à l’adoption pour les couples homosexuels, mais fixe des restrictions

Les couples homosexuels devraient aussi pouvoir adopter. Le Conseil national s’est rallié jeudi à cette idée par 113 voix contre 64. Mais il a tenu à limiter la portée de cette motion émanant du Conseil des Etats: seuls les enfants des partenaires entreront en ligne de compte.

La motion précise que tout adulte, quel que soit son état civil ou son mode de vie, peut adopter l’enfant de son ou sa partenaire. En la modifiant, la Chambre du peuple laisse deux possibilités aux sénateurs. Soit ils se rallient à cette proposition et le Conseil fédéral pourra proposer un projet, soit ils refusent de suivre et le dossier est enterré.

L’aval de la Chambre des cantons n’a été obtenu en mars que du bout des lèvres: 21 voix contre 19. La portée de la motion était toutefois plus large à ce stade puisqu’elle ne se limitait pas aux enfants des partenaires.

La question d’accorder un droit d’adoption aux couples homosexuels a déjà fait grand bruit et la droite conservatrice a brandi sans attendre la menace d’un référendum. A la Chambre du peuple, les non émanaient de l’UDC ainsi que d’une partie du PDC et du PLR.

Les opposants montés à la tribune n’ont pas lésiné sur les mots. «La nature a voulu qu’un enfant ait un papa et une maman, et pas deux papas ou deux mamans», a affirmé Christian Lüscher (PLR/GE), qualifiant la motion de «radicale et contre-nature». «Comment tuer le père quand il n’y a plus de père du tout», a lancé Oscar Freysinger (UDC/VS). «Pensez-vous que j’aie un problème d’identité», lui a rétorqué Antonio Hodgers (Verts/GE), orphelin d’un père victime de la dictature argentine. «Oui», répond l’élu valaisan.

Pour le camp du non, la solution, pour assurer des droits au peu d’enfants concernés, serait de passer un accord entre partenaires enregistrés devant le notaire. Et d’invoquer le respect de la votation de 2005: le peuple a accepté une loi sur le partenariat enregistré qui interdit aux couples homosexuels d’adopter.

Tous ces arguments n’ont pas eu raison de la détermination de la majorité. La situation a évolué depuis sept ans et les sondages affirment qu’une majorité des Suisses est favorable à l’homoparentalité, a noté Margret Kiener Nellen (PS/BE).

De plus en plus d’enfants, souvent issus d’une première relation hétérosexuelle, sont élevés par des couples de même sexe. On estime qu’ils sont entre 6000 et 20’000 en Suisse, a relevé Carlo Sommaruga (PS/GE), au nom de la commission. Et il n’existe aucune étude sérieuse prouvant que l’homoparentalité ait des conséquences néfastes.

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