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Sommet de Copenhague dimanche20 décembre 2009

Après l’accord controversé, l’heure des règlements de compte

Le Temps

(AFP)

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L’accord finalement signé samedi matin par 28 pays est déjà devenu une patate chaude, que les Européens surtout peinent à assumer. Récit de quelques frustrations diplomatiques dans l’avion du retour

Dimanche 20 décembre 9h00

Richard Werly, de retour de Copenhague

Ils tendent leurs cartes de visite, mais insistent pour ne pas être cités, réserve diplomatique oblige. Pendant les deux heures du vol retour en provenance de Copenhague, pourtant, ces deux négociateurs européens n’ont fait...que la grimace. Pour ne pas dire plus. L’un est Chypriote. L’autre Tchèque. Ils ont quitté samedi matin le Bella Center vers quatre heures du matin, après le départ des derniers chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE encore présents sur place. Et ils sont en colère. Contre la Chine d’abord. Mais surtout, contre les Etats-Unis.

L’objet de leur frustration? «Il est double, explique la déléguée tchèque. D’abord, Obama a ruiné nos espoirs d’un front transatlantique sur le climat. Ensuite, nous commençons à réaliser que notre approche contraignante a du plomb dans l’aile. En clair: l’Europe a peut-être raison, mais elle est désormais trop isolée ». L’avion vole au dessus de Berlin. C’est en Allemagne que se déroulera - sans doute à Bonn où est basée le siège de la convention onusienne sur le climat (IPCC) - la prochaine séance de négociation, a priori durant le premier semestre 2010, avant le nouveau grand rendez-vous de Mexico en décembre 2010. Mais les clefs du verrou climatique sont ailleurs, à l’autre bout du monde. «Il saute aux yeux que le système de l’ONU, tel qu’il est, est obsolète», analyse d’ailleurs ce dimanche matin Chantal Jouanno, la secrétaire d’Etat française à l’écologie, dans le Journal du Dimanche, en déplorant «l’attitude totalement fermée de la Chine et de l’Inde». Et d’ajouter: «Toucher à la souveraineté des pays avec un système onusien obsolète de décision à l’unanimité, c’est presque impossible.»

L’avion prépare sa descente. Le délégué Chypriote fulmine contre tout. «Cette conférence était une pagaille. Comment voulez-vous que des ministres tombent d’accord lorsque leurs délégations doivent patienter des heures dans la neige avant d’entrer? Et puis, à force de vouloir négocier sur tout en même temps, on a semé la confusion». Fallait-il alors quitter la salle? L’Union européenne, comme elle l’avait brièvement évoqué vendredi après-midi à Copenhague, aurait-elle mieux fait de refuser de s’associer à un accord «médiocre»? «Sur le papier, oui, répond notre interlocutrice pressée de retrouver sa famille à Prague. Le texte que nous avons fini par accepter ne contient que de vagues promesses. Mais n’oubliez pas que cette conférence se tenait au Danemark. Dire non, c’était mettre ce pays-membre en position intenable. La realpolitik a pris le dessus». A J+1, l’heure des règlements de compte post-Copenhague ne fait que commencer...



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