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dette jeudi 09 février 2012

Oxfam choisit Symbiotics pour investir dans la microfinance

L’ONG a créé avec la société genevoise un fonds de placement. Ce véhicule vise un impact social à travers l’aide aux PME en Afrique et en Asie

Un rendement financier entre 5 et 10% par an, en dollars. Un rendement social de 100 000 emplois de «bonne qualité» au cours des cinq prochaines années. Le tout pour un placement à moyen ou long terme réservé aux investisseurs institutionnels.

Fin janvier, la section britannique d’Oxfam a annoncé avec Symbiotics le lancement d’un fonds de placement dédié au financement des petites entreprises, d’Afrique et d’Asie en priorité. L’organisation non gouvernementale, qui compte parmi les plus grandes du monde, veut combattre la pauvreté. «Nous constatons que les petites entreprises n’ont pas accès aux services financiers, indique Nicholas Colloff, son responsable de la stratégie et de l’innovation. Or elles jouent un rôle important pour créer des emplois, et donc lutter contre la pauvreté.»

Oxfam a déjà créé une «Cow Bank» au Cambodge. En Azerbaïdjan ou en Russie, l’ONG a apporté des fonds à des institutions de microfinance. Cette fois, elle participe directement au processus d’investissement, et veut séduire les investisseurs. L’objectif est de rassembler 100 millions de francs d’ici à trois ans, en leur faisant espérer un rendement positif, et en tout cas la préservation de leur capital. Pour un investisseur dont la devise de référence est le franc, le risque de change n’est en revanche pas couvert.

«Le fonds n’existe pas parce que nous manquons d’argent ou parce que l’aide internationale diminue, poursuit Nicholas Colloff. Nous allons utiliser notre expertise pour nous assurer que la finance peut avoir un impact social positif. Nous serons en particulier très attentifs à la question du surendettement.» Le responsable ajoute vouloir «sélectionner des entreprises qui paient des salaires raisonnables, offrent des conditions de travail décentes dans une activité durable». Pour obtenir des emplois «de bonne qualité».

Symbiotics a été choisie après des contacts pris auprès de plusieurs spécialistes du microcrédit, dont certains suisses. La société dirigée par Roland Dominicé a été retenue pour «son expérience mais aussi beaucoup parce que ses valeurs correspondaient aux nôtres», indique Nicholas Colloff.

Roland Dominicé ajoute que l’objectif du fonds, géré par sa société, est de privilégier l’émancipation des femmes et la sécurité alimentaire. «Ce fonds intéressera le public qui a déjà investi dans la microfinance, mais qui en attend davantage d’impact social, précise le Genevois. Nous appliquons un filtre social sur l’univers d’investissement avant d’utiliser le filtre des critères financiers.»

Pour Symbiotics, Oxfam GB lui ouvre aussi les portes du marché britannique, se réjouit Roland Dominicé.

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