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revue de presse lundi 07 juin 2010

Rafael Nadal promu extraterrestre

(AFP)

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La presse sportive salue le retour du taureau de Manacor au premier plan du tennis mondial après sa victoire sur terre battue à Roland-Garros, dimanche, contre Robin Söderling

La presse sportive salue la reconquista, par le taureau de Manacor, de la cime du tennis mondial après sa victoire sur terre battue à Roland-Garros, dimanche, contre Robin Söderling.

C’était net, beau, implacable. Et «un jour très, très spécial pour moi», confie le héros majorquin à L’Equipe, après tant «d’heures passées sur le court» et d’«efforts effectués pour parvenir à jouer [son] meilleur tennis». «Quand on a souffert, on savoure encore plus la victoire», analyse le quotidien sportif français, qui constate que «dans la tête comme dans le jeu, Rafael Nadal use. Sur toutes ses frappes de mammouth», Robin Söderling a vu «un petit bonhomme vert se débattre et couvrir un terrain monumental. En défense, Rafael Nadal est un extraterrestre. Il ne fait pas que renvoyer, il bouscule, dérange avec ses variations de trajectoires, de rythme et d’effets et finit par porter l’estocade.»

Allain Jules, dans son blog «L’information déjantée, au Kärcher, et la liberté d’expression dans sa quintessence» [sic], parle aussi de «l’extraterrestre de Roland-Garros», car c’est la première fois, à Paris, «que le vainqueur gagne sans concéder un seul set. […] Pas besoin d’être dithyrambique, tout parle pour lui. Quel match […]! Revers chopés, services slicés, coups droits meurtriers et retours improbables mais réussis, défense tous azimuts, contre-pieds parfaits, etc. Nadal est au sommet de son art…» Et il n’est plus «le même joueur qu’en 2009», selon Eurosport: «Physiquement, il revient fort. Mentalement, il l’est encore plus. Et il sait faire évoluer son tennis.» Du coup, Roger Federer, on le sait, est destitué de sa première place mondiale: il reste bloqué à 285 semaines au top du classement ATP, à une longueur du record de l’Américain Pete Sampras. «Encore sept mois pour dépasser cette marque avant la fin de la saison: avec des points à défendre à Wimbledon et Cincinnati (victoires), ainsi qu’à l’US Open et Bâle (finales)… Pas évident à première vue, mais pas irréalisable non plus. Le Suisse ouvre la saison sur herbe» dès aujourd’hui au tournoi de Halle, «où il s’est engagé à jouer tous les ans jusqu’à la fin de sa carrière».

En attendant, Marca, le quotidien sportif espagnol, manie les statistiques et hisse Nadal, victorieux pour la cinquième fois à Roland-Garros, au rang des meilleurs joueurs de l’histoire sur la terre parisienne: «Björn Borg avait gagné six fois le tournoi (1974, 1975, 1978, 1979, 1980, 1981), Henri Cochet quatre fois (1926, 1928, 1930, 1932), René Lacoste trois fois (1925, 1927, 1929), tout comme Ivan Lendl (1984, 1986, 1987), Mats Wilander (1982, 1985, 1988) et Gustavo Kuerten (1997, 2000, 2001).»

«Nadal à nouveau roi de Paris» et «une impressionnante revanche», écrit, en Allemagne, Kicker. «Nadal a reconquis Paris», enchaîne As, le journal espagnol spécialisé. Il publie aussi une opinion de Nicola Pietrangeli, qui avait triomphé à Paris en 1959 et en 1960: Rafa «s’est avéré devenir un joueur d’une catégorie différente, d’une autre galaxie», métaphores déjà d’ailleurs largement usées par Federer. «Ce que nous appelons un fuoriclasse [un champion] en Italie.» Et de se demander: «Nadal meilleur que Borg? Ce n’est pas à moi de le dire, parce que je n’ai jamais aimé les comparaisons anachroniques. Mais il est d’une superclasse qui va marquer son époque. Et il va rester numéro un pendant longtemps.»

Si la presse sportive italienne salue surtout la victoire de Francesca Schiavone chez les dames, elle ne dédaigne pas pour autant, elle aussi, les superlatifs: «La revanche de Nadal est complète», écrit notamment la Gazzetta dello sport. Il a «évacué tous les doutes», enchaîne BBC Sport. Et démenti les noirs augures de L’Equipe, repris par Radio France internationale avant ce week-end victorieux: on nous annonçait que «Nadal [aurait] bien du mal» car «ils veulent sa peau. Qui sont les tueurs à gage de la porte d’Auteuil? Tout simplement les Melzer, Berdych et Söderling qui [étaient alors] encore en course.» Etaient.

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