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Chine-taïwan mardi 17 mai 2011

Querelle chinoise à l’OMS

Décrite comme une province chinoise, Taïwan proteste lors de la 64e Assemblée de l’Organisation mondiale de la santé

Le ministre taïwanais de la Santé, Wen Ta Chiu, a remis lundi une lettre de protestation à la directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la Hong­kongaise Margaret Chan, alors que s’ouvre son assemblée annuelle à Genève. En cause, l’utilisation dans un document interne de l’OMS de l’appellation «Taïwan, province chinoise» pour décrire l’île de 23 millions d’habitants dont le nom officiel est République de Chine. La notion de province est celle que cherche à imposer Pékin dont la souveraineté sur l’île est reconnue par la plupart des autres Etats.

«Taipei chinois»

La divulgation il y a quelques jours de ce document a aussitôt déclenché une tempête politique à Taïwan où l’idée d’indépendance reste largement partagée malgré un rapprochement spectaculaire avec Pékin depuis le retour au pouvoir du parti nationaliste (KMT). C’est ce rapprochement qui lui avait permis, en 2009, de rejoindre l’OMS avec un statut d’observateur. Pékin et Taipei s’étaient alors accordés sur l’appellation de «Taipei chinois» pour nommer l’île, comme c’était déjà le cas pour d’autres enceintes internationales comme les Jeux olympiques ou l’OMC.

La description de Taïwan comme une province par l’OMS était en vigueur depuis l’accession à l’ONU de la République populaire de Chine en 1971 en remplacement de Taïwan. «Cette terminologie ne reflète pas la réalité et nous n’acceptons pas d’être étiquetés comme telle», a expliqué lors d’une conférence de presse Wen Ta Chiu, qui a demandé à l’OMS de mettre fin à «l’incohérence et à la confusion créées par un mauvais usage des noms».

La délégation taïwanaise dénonce également les restrictions faites à des membres d’ONG de l’île qui se sont vu refuser l’accès au Palais des Nations sous prétexte de nouvelles mesures de sécurité. Une journaliste taïwanaise a estimé que cela revenait à considérer les Taïwanais comme des terroristes. «Nous n’avons pas de preuve d’une implication directe de Pékin, explique Ching-lon Lu, le représentant de Taipei en France. Mais s’il n’y avait pas de pression cela n’arriverait pas.»

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