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Le produit de la semaine vendredi 17 février 2012

Les taux très hauts du pays d’«en bas»

Matthias Niklowitz*

Les placements en produits de taux en monnaies étrangères comportent un piège, celui du risque de dévaluation de la monnaie. Avec le tracker sur taux en dollar australien, le calcul s’est avéré payant

Les hedge funds le font. Les grandes banques internationales aussi. Les multinationales de même. Un petit investisseur également: Les écarts de taux d’intérêt entre diverses monnaies peuvent être mises à profit. On parle de «carry trade», ou portage, dans le jargon financier. Cela signifie un endettement dans une monnaie à taux bas et un placement dans une monnaie à taux élevé. Cette stratégie a maintenant été titrisée dans le monde des produits structurés. Toutefois, l’idée s’avère souvent erronée parce que les changes varient dans le»mauvais sens» et mangent le gain sur les taux d’intérêt. Pour les investisseurs suisses, s’y ajoute le fait que ces cinq dernières années le franc suisse s’est apprécié contre presque toutes les monnaies.

Le dollar australien fait exception. Il avait certes massivement perdu du terrain, avant que l’intervention de la Banque Nationale l’été dernier ne lui fasse regagner un quart de sa valeur. Fondamentalement, le dollar australien fait figure de monnaie stable, une devise liée aux matières premières, sans risque d’être victime d’une faillite, mais avec un risque «chinois». Actuellement on ne peut guère craindre une récession en Chine -et les taux d’intérêt en Australie aux alentours de 5 à 7% pour une échéance à 10 ans en témoignent. La performance de l’investisseur qui a acheté le certificat AUDZZ en 2005 a ainsi été très convaincante.

Ce certificat tracker sans couverture du risque de change a gagné 33% depuis l’émission, nettement plus que la monnaie (+4%) ou l’indice suisse SPI (+17%). L’écart dans le négoce quotidien est de 0,13%, ce qui est correct. «Avec le certificat tracker sur les taux en dollar australien, les investisseurs empochent les taux attractifs d’Australie dans son dépôt», selon Florian Stasch, spécialiste des dérivés auprès de RBS à Zurich. Les investisseurs participent d’une part aux taux d’intérêt élevés, et d’autre part à la non-dévaluation du dollar australien par rapport au franc». Les certificats sur taux collectent les revenus des intérêts et reflètent l’évolution de la monnaie face au franc. «Il en résulte un crédit d’intérêt quotidien», selon Stasch. «et les intérêts enregistrés ne sont pas distribués, mais réinvestis et traduisent l’évolution haussière du cours du certificat. Il est conseillé à l’investisseur d’avoir une opinion sur le pays et la monnaie de son placement», conclut Stasch.

*Coopération Le Temps et payoff

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