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Tennis jeudi 28 juin 2012

Roger Federer royal sur son nuage vert

Roger Federer: «Quand je parviens à servir comme ça, je laisse peu d’opportunités à l’adversaire.»(ANDREW YATES/AFP)

Roger Federer: «Quand je parviens à servir comme ça, je laisse peu d’opportunités à l’adversaire.»(ANDREW YATES/AFP)

Le Bâlois s’est montré au sommet de son art face à Fabio Fognini

Le voir jouer comme ça sur le gazon de ses six victoires rappelle à quel point le vert lui va si bien. Était-ce pour honorer la présence de Charles et Camilla dans la tribune royale aux côtés de ses parents, Robert et Lynette? Etait-ce le plaisir de fouler à nouveau ce «centre court» légendaire qu’il chérit tant, après un premier tour disputé sur le numéro 1? Ou était-ce simplement le fruit d’une aisance physique et mentale totale? Un peu de tout cela sûrement.

Seule certitude, mercredi, face à Fabio Fognini, Roger Federer était Roger Federer. Ce virtuose de la raquette, ce maître bourré de grâce et de talent capable de ramener n’importe quel adversaire au rang de simple étudiant. De la révérence à la balle de match, le numéro trois mondial a été royal. Concentré, aérien, percutant, efficace, il a mouché le cancre italien en 1h15 sur le score de 6-1, 6-3, 6-2. Le Transalpin, doué, mais aussi réputé pour sa tendance à la Commedia dell’arte, en a cassé sa raquette de rage et de dépit après la perte de la deuxième manche. Shocking! Mais il ne pouvait rien faire face à un Federer aussi stratosphérique et agressif à qui tout réussissait. Les statistiques sont sidérantes: 13 aces, 68% de premières balles, 35 points gagnants, 21 points marqués sur 23 montées au filet.

Le Bâlois est donc au troisième tour de Wimbledon en n’ayant perdu que neuf jeux. «C’est bon signe», confirme-t-il. «Je sers bien ici. Et c’est vrai que sur herbe, quand je parviens à servir comme ça, en variant, je ne laisse pas beaucoup d’opportunités à l’adversaire. Jusqu’à maintenant, j’ai su saisir mes occasions. Mentalement, je suis bien aussi. Je suis vraiment concentré sur chaque point. Je connais les dangers du gazon. Je sais à quel point ça peut vite tourner. Mais aujourd’hui (mercredi), j’étais bien jusqu’à la fin. Ça m’apporte de la confiance pour la suite. C’est clair.»

Ce Federer-là est de la trempe de celui qui, depuis, septembre 2011, a engrangé sept titres dont le Masters de Londres et trois Masters 1000 (Bercy, Indian Wells et Madrid). Quand on le voit dans cette forme-là, on juge son double objectif, décrocher un 7e Wimbledon et récupérer la place de numéro un, – l’un allant forcément avec l’autre – largement à portée de sa raquette. Du haut de ses 72 ans et de son expérience de faiseur de champions, Nick Bollettieri en est convaincu: «Roger a joué extrêmement bien aujourd’hui. Il est en confiance. Il est un des rares joueurs du circuit capables de jouer depuis différents endroits du court. Or cette notion de transition joue un rôle important ici. Et pour gagner Wimbledon cette année, il faudra assurer à ce niveau-là», confie l’Américain, de plus en plus voûté mais encore apte à lever le nez quand il s’agit d’admirer le beau jeu. Au risque de se répéter: «Roger fait partie des quelques joueurs capables aussi bien de monter au filet que de jouer de la ligne de fond de court.»

Si l’on peut questionner la totale clairvoyance du vieux Nick, on ne peut mettre en doute la métamorphose de Federer après une quinzaine parisienne où il dégagea tout au long du tournoi une sensation de malaise. Et il est le premier à l’admettre: «Je ne sais pas ce qu’il y avait là-bas mais j’avais du mal à servir. Le service extérieur était vraiment difficile à utiliser. Après tu essaies de frapper de plus en plus fort au centre et à un moment donné le mec, il le couvre et pour finir tu ne peux plus faire un service gagnant. Je ne sais pas si ce sont les balles qui ne me convenaient pas. Mais c’était compliqué là-bas. Et quand ton service ne va pas comme tu veux, tu joues le point différemment. A Roland, je ne parvenais pas à faire un coup d’attaque sur ma première balle. Ce qui m’arrive rarement parce que normalement sur terre, c’est possible. Du coup, c’est devenu un tournoi difficile, même si, demi-finale, c’est pas mal. Ici, tout change. Le rebond est plus bas. Tu peux jouer plus à plat, plus en bout de course aussi. J’aime jouer ici.» Ca se sent, ça se voit. Seul ombre dans ce vert tableau, une légère torsion du genou ressentie lors d’une glissade à 5-3 dans le troisième set. Il espère ne pas avoir une mauvaise surprise une fois ses muscles refroidis.

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