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Aéroport de Zurich-Kloten lundi 02 juillet 2012

Berne et Berlin s’accordent concernant le bruit des avions

ATS

Le dossier de l’aéroport de Zurich empoisonne les relations bilatérales entre la Suisse et l’Allemagne depuis des années. (Keystone)

Le dossier de l’aéroport de Zurich empoisonne les relations bilatérales entre la Suisse et l’Allemagne depuis des années. (Keystone)

La Suisse et l’Allemagne ont trouvé un compromis pour régler le différend sur le bruit des avions à l’aéroport de Zurich- Kloten. Berlin a renoncé à limiter le nombre de survols du Sud de l’Allemagne. Des nouveaux horaires ont été fixés. L’accord doit encore être signé par les ministres compétents

La Suisse et l’Allemagne ont trouvé un compromis pour régler le différend sur le bruit des avions à l’aéroport de Zurich. Berlin a renoncé à plafonner le nombre de survols du Sud de son territoire. Mais Berne a dû lâcher du lest, offrant 16,5 heures supplémentaires de tranquilité aux riverains allemands.

La solution concoctée après cinq rondes de négociations permettra de «résoudre de manière passable un conflit qui dure depuis des années», a résumé Doris Leuthard devant la presse. Chaque partie a dû faire des concessions, mais c’est le propre d’une négociation, selon la ministre des transports.

Le traité, qui devrait entrer en vigueur d’ici 2020, va assurer à l’aéroport de Zurich-Kloten une sécurité juridique. Principal avantage, aux yeux de la conseillère fédérale, la menace d’une limitation des mouvements aériens - l’Allemagne parlait d’un maximum de 80 000 par an - est écartée.

Survols réduits

Concrètement, le soir, les survols devront passer au-dessus de la Suisse trois heures plus tôt qu’actuellement. En contre-partie, Berlin les accepte une demi-heure plus tôt le matin.

Les approches sur l’axe passant au-dessus du territoire du Sud de l’Allemagne sont autorisés de 06h30 à 18h00 les jours ouvrables. Le week-end et les jours fériés, elles ne sont admises que de 09h00 à 18h00. Mais en fin de compte, deux tiers des approches auront lieu par l’Allemagne et un tiers par la Suisse, a rappelé Doris Leuthard.

Pour tenir les conditions, des pistes de décollage et d’atterrissage devront être prolongées à l’aéroport de Zurich- Kloten. La réglementation n’entrera en vigueur que lorsque l’extension aura été réalisée, mais au plus tard en 2020.

Geste de bonne volonté

L’Allemagne a accordé ce «long» délai transitoire. En contrepartie, la Suisse est disposée, dès la ratification de l’accord et en guise de geste de bonne volonté, de guider les vols sur territoire suisse les jours ouvrables une heure plus tôt qu’actuellement.

De ce fait, l’axe des approches changera à 20h00, comme c’est déjà le cas actuellement les week-ends. Aujourd’hui, le premier pas a été fait, d’après Doris Leuthard.

Encore des bémols

Le chemin vers la réalisation d’un accord aérien entre les deux pays est encore longue. La prochaine étape consistera à signer l’accord au niveau ministériel.

Les Chambres fédérales devront ensuite se prononcer. Le Conseil fédéral devrait leur transmettre le message d’ici la fin de l’année. Le canton de Zurich devra pour sa part se prononcer sur l’extension des pistes de l’aéroport, avec un possible référendum. Le Parlement devra aussi donner son aval.

Le groupe d’accompagnement (représentants des cantons de ZH, AG, TG, SH, SG, de l’aéroport, de la compagnie aérienne Swiss et de Skyguide) poursuivra après la pause estivale ses travaux en vue de préciser les modalités d’application de l’accord. L’objectif est de parvenir à une répartition équitable des sacrifices, selon le Département fédéral des transports.

Le gouvernement zurichois doit analyser l’accord

Du côté des réactions, le ministre allemand des transports Peter Ramsauer qualifie l’accord sur le bruit des avions à l’aéroport de Zurich de «signe positif pour toute la région», a-t-il indiqué à l’agence dpa. Berlin renonce à limiter le nombre de survols du Sud de l’Allemagne. En contre partie, la Suisse assumera plus de vols en soirée.

Le gouvernement zurichois a de son côté indiqué qu’il allait analyser l’accord et faire connaître sa position dans les prochains jours.

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