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RSVP jeudi 01 mars 2012

Poignée de main

Du bon usage de la poignée de main

Lorsqu’on rencontre un ami en compagnie de plusieurs personnes inconnues, pouvons-nous lui donner la main sans la serrer aux autres convives?

Daniel

Cher Daniel

La question de la poignée de main est l’exemple même d’un usage qui varie énormément dans le temps et dans l’espace. Et elle n’est pas anodine, car ne pas tendre la main à quelqu’un qui s’y attend ou, au contraire, la tendre à quelqu’un qui ne s’y attend pas peut être ressenti comme un grave manque de respect. Cela peut arriver dans des cultures où les hommes et les femmes ne se touchent pas en public. Je n’en parlerai pas, ce n’est pas mon sujet, mais, quand on voyage, mieux vaut se renseigner aussi là-dessus.

Je resterai dans nos régions où, sans être aussi drastique, la poignée de main obéit à des règles qu’il est bon de connaître. C’est la personne que notre code considère comme ayant la prééminence qui tend la main la première. C’est-à-dire le plus âgé, la femme, l’invité d’honneur, le supérieur hiérarchique. Donc, lorsqu’on est présenté à quelqu’un, on attendra que cette personne nous tende la main. Si elle ne le fait pas, on se contentera de s’incliner très légèrement avec un sourire. Rappelons qu’il est très violent de refuser une main qui se tend, quelles que soient les raisons de ce refus. Cela dit, justement parce que c’est hautement signifiant, il peut y avoir un vrai courage à ne pas voir certaines mains. Attitude que le code condamnera sûrement, mais que la dignité commande…

Mais revenons à des situations moins dramatiques: quand on serre une main, on a le geste ferme et on regarde son propriétaire dans les yeux. Une poigne machinale et un regard absent sont presque aussi grossiers que pas de main du tout.

Souvent, quand quelqu’un entre dans une pièce où sont déjà rassemblées plusieurs personnes, il se croit obligé de faire le tour en distribuant les poignées de main à tout le monde. C’est une erreur. Sauf s’il y a là un personnage important auquel on vous présentera personnellement, contentez-vous de serrer la main de l’hôte et souriez à la ronde en disant un bonjour général. C’est tout à fait suffisant. Si vous souhaitez rencontrer plus précisément certaines personnes, il incombera à l’hôte de faire les présentations par la suite. C’est la même chose (et là j’en viens directement à votre question) si on rencontre dans un lieu public un ami accompagné d’inconnus. On peut fort bien se contenter de lui serrer la main et de saluer les autres d’un signe de tête. Au restaurant, c’est même obligatoire, car si vous faites le tour de la table pour serrer chaque main, vous obligerez les convives à se lever (on ne serre jamais la main en restant assis) et cela perturbera le repas.

Il est également d’usage de ne pas serrer la main d’une personne que l’on rencontre dans la rue. On se contente d’incliner la tête en souriant. Mais bien sûr, s’il s’arrête et vous tend la main, vous la prenez (voir plus haut).

Normalement, les hommes se dégantent et prient courtoisement les femmes de n’en rien faire. Mais mieux vaut rester ganté que de tenter d’arracher son gant pendant que l’autre attend la main tendue dans le vide. Là aussi, le savoir-vivre est affaire de souplesse et d’adaptation.

Chaque jeudi, Sylviane Roche répond à vos questions concernant le savoir-vivre. Ecrivez-lui: sylviane.roche@letemps.ch

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