Texte - +
Imprimer
Reproduire
Formation lundi 06 décembre 2010

Formation: les effets pernicieux des changes sur le portefeuille

Jean Paul Stierli*

Le troisième volet de cette série va décrire l’évolution du portefeuille modèle sur les trois derniers mois avant d’examiner l’évolution d’un produit sur l’indice S&P 500. L’impact de la baisse de l’euro est particulièrement visible

Pour rappel, le tableau ci-dessous schématise les produits du portefeuille (graphique «Produits dérivés»).

Par rapport au trimestre précédent, l’évolution du panier a été légèrement positive, sa valeur globale étant passée de CHF 799 588,62 à CHF 814 103,22, soit un gain de 1,82%. Le MSCI World Total Return Index en CHF s’est apprécié de 8,79% durant la même période. Il faut noter que l’indice mentionné est un agglomérat mondial d’actions et n’est qu’un vague proxy pour notre portefeuille modèle. De plus, l’indice exclut par exemple les marchés émergents et les matières premières représentées dans le portefeuille. Par ailleurs, la sensitivité du portefeuille aux marchés actions n’est à ce jour que de 40%.

Pourquoi le portefeuille n’affiche-t-il toutefois pas une performance positive plus accentuée? La réponse est malheureusement la mauvaise évolution de l’euro par rapport au franc suisse, une baisse à nouveau prononcée récemment. La proportion investie en euros est d’environ 50% ce qui pénalise la performance positive des investissements dudit portefeuille.

Cette perte sur la devise aurait pu être évitée par l’ajout d’options quanto francs suisses ce qui aurait neutralisé l’effet de change indésirable. Cette pratique est souvent utilisée dans les produits structurés et procure un net avantage dans le cas d’une dévalorisation de la monnaie. Toutefois, ces options ont bien entendu un prix considérable et n’étaient pas incluses dans les trois produits en euros du portefeuille. «On est toujours plus intelligent – bien plus intelligent – après» en rétrospective, l’analyse est aisée.

Passons maintenant en revue un produit plus heureusement adapté à la conjoncture actuelle. Il s’agit du produit à capital protégé sur le S & P 500 dont les caractéristiques et le profil de remboursement sont décrits dans les graphiques ci-contre (graphiques «Remboursement à l’échéance» et «Conditions du produit»).

Ce produit contient un «cap», c’est-à-dire une performance plafonnée en cas de forte hausse du sous-jacent, ce qui n’est certes pas pénalisant dans le marché actuel! De plus, la protection du capital à 90% offre une garantie supplémentaire en cas de décrochement du marché. C’est un produit qui est par ailleurs considéré transparent par l’administration fiscale suisse, car ses composantes sont simples et clairement identifiables. En outre, c’est un produit standard répertorié (code 1120) par l’Association suisse des produits structurés (ASPS).

Le prix du produit est passé de 97,53% à 101,77% sur la période de trois mois prise en compte, soit une hausse de 4,35%. Toutefois, si l’on incorpore la baisse du dollar de 1,037 à 1,001 intervenu sur la même période, le bénéfice n’est plus que de + 0,73%.

En conclusion, il demeure toujours difficile de gagner de l’argent dans des marchés comme ceux auxquels nous avons dû faire face récemment, notamment à cause du pernicieux effet de change. Un choix judicieux de produits permet cependant de limiter certains mouvements de marchés néfastes alors que d’autres plus profitables sont intensifiés.

Dans le prochain et dernier volet de cette série, nous dresserons un bilan sur les douze mois d’observation du portefeuille afin de mettre en lumière les nombreux éléments ayant influencé l’évolution du prix de ces produits structurés au regard de la conjoncture économique générale.

*Directeur, CIIA, mathématicien, gestion semi-institutionnelle Suisse romande, Wegelin & Co. Banquiers Privés.

Reproduire
Texte - +