Haïti, le salon des refusés

 
Il faut chercher un moment les projets d’envergure. Comme cette extraordinaire installation de l’artiste jamaïcaine Ebony Patterson, cahute remplie de ces drapeaux pailletés utilisés dans le vaudou haïtien mais qu’elle réinterprète à la lueur du gangstérisme patriarcal. Ou alors, ce spectacle improvisé par quelques jeunes hommes de la Grand-Rue, qui ont créé Télé Ghetto. Armés d’une brosse à cheveux en guise de microphone, d’un bidon d’huile pour caméra, ils suivent les événements, interrogent les artistes, les passants. Pendant la semaine que dure la Biennale, partout, Télé Ghetto documente la manifestation. Et déjoue, dans le même geste, la comédie d’un événement que les médias nationaux suivent peu, situé à la périphérie d’une ville qui semble elle-même à la périphérie du monde.

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