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GENÈVE mercredi 18 janvier 2012

Mark Muller: le PLR attend la fin de l’enquête de police

Le comité directeur du Parti libéral-radical genevois a reçu Mark Muller, qui maintient sa version de la bagarre du 1er janvier. Aucune décision ne sera prise tant que les investigations policières ne seront pas terminées

C’est une discussion «franche et désagréable» qu’ont partagée mardi matin le conseiller d’Etat genevois Mark Muller et le comité directeur de son parti. Celui-ci n’en a tiré encore aucune conclusion quant à la suite à donner à la rixe dans laquelle le magistrat s’est trouvé impliqué le 1er janvier aux abords du Moulin à Danses (MàD), une discothèque genevoise. L’altercation a fait l’objet de plaintes croisées, déposées successivement par ses deux protagonistes. «La situation est désagréable, explique le député Pierre Weiss, qui a pris part à la réunion. Quant à la franchise, il faut comprendre que le ton n’a été ni houleux, ni lénifiant.»

«Le comité directeur a avalisé la ligne fixée dimanche par la présidence, commente Yvan Zweifel, vice-président du PLR. Nous ne prendrons pas de décision tant que la lumière n’aura pas été faite sur cette affaire. Nous avons rappelé l’attitude digne que nous attendons de nos élus, et Mark Muller a réitéré ses excuses. Il certifie avoir dit la vérité. Si tel n’était pas le cas, il y aurait rupture de confiance, mais nous ne partons pas sur cette hypothèse.» Selon cet élu onésien, une démission du ministre n’a pas été évoquée.

De son côté, le barman du MàD qui a été l’adversaire de Mark Muller donne un autre son de cloche. Dans un bref communiqué aux médias envoyé lundi soir, l’un de ses avocats écrit que «la version des faits présentée par M. Mark Muller et relayée par la presse est totalement contestée et ne correspond pas à la réalité.» L’employé de la discothèque doit être entendu ce mercredi par l’Inspection générale des services, qui conduit l’enquête. Ses défenseurs, Roland Burkhard et Philippe Juvet, envisagent d’organiser une communication médiatique après cette audition.

Nouvelle discussion

L’affaire sera à nouveau évoquée lors de l’assemblée générale que le PLR vouera jeudi soir aux mots d’ordre relatifs aux votations du 11 mars. La direction de la formation sait que la cote de Mark Muller n’est pas brillante dans la base du parti. Mais on laisse entendre que les critiques peuvent aussi masquer des ambitions personnelles. «Il faut faire un bilan d’ensemble de l’action d’un magistrat, mais ce n’est pas à la portée de tout le monde, relativise Pierre Weiss. Rappelons que Mark Muller s’est montré déterminé en faveur du CEVA. Il a désamorcé les référendums annoncés contre le projet PAV, et les investissements ont crû de façon inédite sous sa houlette. Son action ne plaît pas à tout un chacun.»

Quant au possible conflit d’intérêts que révélerait la présence de Mark Muller au MàD, alors que le déménagement de cet établissement relevait de sa responsabilité politique, il n’émeut guère l’organe suprême du PLR: «C’est une tempête dans un verre d’eau, estime Yvan Zweifel. Il fallait de toute façon reloger cet établissement.» Le procureur général, Daniel Zappelli, décidera de la suite à donner à l’affaire, sur la base de l’enquête. Selon plusieurs sources, il compte boucler ce dossier avant de quitter son poste, fin mars.

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