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Horlogerie vendredi 25 janvier 2013

Jaeger-LeCoultre a créé 80 emplois l’an dernier

Modèle duomètre à sphérotourbillon. (DR)

Modèle duomètre à sphérotourbillon. (DR)

La manufacture vaudoise va densifier son réseau de boutique en 2013, avec une douzaine de nouveaux sites

Et pas loin d’une centaine de plus. L’an dernier, Jaeger-LeCoultre a créé 80 postes de travail supplémentaires au sein de sa manufacture vaudoise, sise au Sentier, dans la vallée de Joux. La marque haut de gamme, connue notamment pour ses hautes complications et pour avoir élaboré depuis 1833 pas moins de 1242 calibres maison – certainement un record mondial –, emploie désormais 1278 personnes.

«En trois ans, nos effectifs ont crû de 400 collaborateurs», a fait savoir au «Temps» Jérôme Lambert, patron de la marque aux 400 brevets, rencontré à l’occasion du Salon international de la haute horlogerie (SIHH). Au-delà de la folle croissance des exportations horlogères suisses, c’est une autre illustration du dynamisme hors norme de cette industrie. Du moins comme elle s’incarne auprès de la marque qui appartient au groupe Richemont. L’image n’est toutefois pas encore complète. C’est en effet sans compter la quarantaine d’employés sur son site de Porrentruy (JU).

Devant Bobst?

Ce qui veut dire que Jaeger-LeCoultre, d’ici peu, pourrait devenir le principal employeur industriel du canton. Bobst lui vole encore cette politesse, avec 1923 postes de travail (à la fin de 2012). Mais comme le spécialiste de l’emballage, en pleine restructuration, est en train de supprimer 400 emplois, la passation de pouvoir se rapproche.

Au-delà de cet aspect quelque peu anecdotique, la manufacture poursuit son travail de fond. Sortant en moyenne une nouvelle grande complication par année, cinq à dix mouvements et déposant une vingtaine de brevets. Avec 180 métiers différents au sein de sa manufacture, la marque est l’une des plus intégrées en matière de production dans l’ensemble de la branche. Elle a inauguré pas moins de 9000 m2 de surface de production supplémentaire au Sentier en décembre 2010. Dans deux ans, la grande maison, comme elle est parfois appelée, va par ailleurs cesser de livrer des mouvements à d’autres marques du groupe. «Cela n’est pas notre vocation. Nous pourrons alors utiliser ces ressources pour nous-mêmes», se réjouit Jérôme Lambert.

Si les investissements vont se poursuivre au niveau industriel, la marque, rachetée par Richemont en 2000 en même temps que Lange & Söhne et IWC, n’en oublie pas le volet commercial. Raison pour laquelle elle a ouvert l’an dernier six nouvelles boutiques pour arriver à un total de 51. A Paris, Jaeger-LeCoultre a notamment inauguré sa plus grande boutique dans le monde, à la place Vendôme, et ce, sur 500 m2.

«Tout se passe très bien»

Cet élan va se poursuivre en 2013. «Nous allons ouvrir une douzaine de boutiques sur l’ensemble de l’année. Peut-être plus en fonction des opportunités qui se présenteront. Mais Zurich fait partie des projets concrets», explique Jérôme Lambert, qui a pris la présidence exécutive en 2001, à 33 ans. Grâce aux touristes asiatiques, le marché suisse a d’ailleurs atteint une nouvelle dimension. Si le rôle des détaillants reste fondamental aux yeux de Jérôme Lambert, la marque continue de redimensionner son réseau. Il a ainsi fermé 80 points de vente l’an dernier, notamment parce que les activités commerciales se concentrent toujours davantage dans les centres urbains.

Et comment se déroule le SIHH pour la marque, alors qu’elle y présente notamment la collection Jubilé pour son 180e anniversaire? «Au risque de ne pas être original, tout se passe très bien», glisse le patron. Il souligne l’incroyable force de la branche, sa capacité à se réinventer sans cesse et sa faculté d’explorer de nouveaux territoires, sans jamais oublier le savoir-faire et le patrimoine ancestral.

Il met aussi en exergue l’importance de l’ensemble du secteur. Pas seulement des marques – la partie émergée de l’iceberg –, mais également du riche tissu que forment les fournisseurs, qui contribuent à la vitalité de la branche. Si, privilège d’une marque de luxe, Jaeger-LeCoultre s’est adapté assez aisément à un franc valant 1,2 euro (voire 1,25 euro ces derniers jours), son patron exprime davantage de préoccupations pour les fournisseurs. Pas sûr qu’eux aient eu le temps de digérer cette appréciation.

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