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france lundi 26 novembre 2012

Deuxième semaine de cauchemar à l’UMP

Le Temps avec agences et Le Monde

(AFP)

(AFP)

La principale formation d’opposition entre dans sa deuxième semaine de crise, alors que la médiation entre Jean-François Copé et François Fillon a échoué. Dernière mise à jour: à 08h30, Jean-François Copé a déclaré sur les ondes d’«Europe 1» que «les conditions» pour l’organisation d’un référendum à l’interne de l’UMP n’était pas réunies

Jean-François Copé refuse la proposition de Fillon

Le président proclamé de l’UMP, a affirmé sur Europe 1 que «les conditions» pour l’organisation d’un référendum interne à son parti, n’étaient «pas réunies», après la publication, mercredi, au Journal officiel, de la déclaration du groupe Rassemblement-UMP de François Fillon. «La ligne rouge a été franchie, j’en tire les conséquences», a déclaré Jean-François Copé qui a ajouté: «Désormais, je ne vais plus être que le premier opposant à François Hollande.» En fin d’après-midi mardi, François Fillon a adressé un courrier à Jean-François Copé pour lui demander la mise en place d’une «direction collégiale» afin d’organiser un référendum auprès des militants sur la tenue d’un nouveau vote.

La rencontre, et un vote sur le revote?

C’est Nicolas Sarkozy qui l’aurait exigée: une rencontre entre les deux prétendants a actuellement lieu à l’Assemblée nationale. Ce midi les deux camps ont continué de s’écharper par médias interposés, Copé furieux de la création d’un groupe parlementaire par François Fillon, qui coûtera cher au sens propre du terme au parti (l’Etat finance les partis politiques à hauteur environ de 42 000 euros par député).

Mais on a du mal à y croire: il semble que Jean-François Copé propose à François Fillon un référendum sur le revote. Pour l’ex-président, c’est aux militants de dire s’il faut revoter pour la présidence du parti. On ne sait pas qui devrait contrôler ce nouveau vote: la Cocoe, la Conare?

Un nouveau groupe UMP?

Au lendemain de la confirmation, par la Commission nationale des recours, de l’élection de Jean-François Copé à la tête de l’UMP avec 952 voix d’avance, François Fillon demande une nouvelle élection. Les Fillonistes se sont réunis ce mardi matin à 9h30. L’ancien premier ministre a annoncé à ses partisans la constitution d’un nouveau groupe à l’Assemblée baptisé «Rassemblement UMP». Qui serait dissous si un nouveau scrutin était organisé

Nicolas Sarkozy favorable à un nouveau scrutin

Nicolas Sarkozy estime préférable de revoter. Selon l’AFP, qui cite des sources concordantes, l’ancien président de la République a estimé lundi lors de son déjeuner avec François Fillon qu’il était préférable de procéder à un nouveau scrutin. Il a par ailleurs déconseillé à son ancien premier ministre de saisir la justice.

La Commission des recours confirme la victoire de Jean-François Copé

La Commission nationale des recours de l’UMP a confirmé lundi la victoire de Jean-François Copé sur François Fillon à la présidence du parti conservateur français, mais ce dernier avait prévenu qu’il n’accepterait pas le verdict de cette instance acquise selon lui à son rival. La décision de la commission fait état d’une avance de près de 1000 voix pour Jean-François Copé, contre 98 lors de la proclamation des premiers résultats, le 19 novembre. Jean-François Copé a aussitôt prononcé un discours de réconciliation, appelant «à choisir le pardon plutôt que la division», et se félicitant de la confirmation de sa victoire.

Le camp Fillon crie au «coup de force»

Cette décision, si elle met fin au processus de recomptage interne, ne signifie pas pour autant la fin de la saga qui déchire depuis huit jours le principal parti d’opposition de droite. L’ex-premier ministre François Fillon, qui a déjeuné avec l’ancien président Nicolas Sarkozy, a en effet annoncé son intention de saisir la justice et demandé la saisie à titre conservatoire des données électorales du scrutin controversé «pour rétablir la vérité sur les résultats». Dans une déclaration,

Peu auparavant, le clan Fillon a publié la lettre de son avocat demandant à cette même Commission des recours de se dessaisir – ici. Le site jeveuxrevoter.fr enregistre désormais plus de 15 200 signatures (mais on peut signer plusieurs fois, avec des e-mails différents).

Quant à la rencontre Fillon/Sarkozy? Selon un proche de l’ex-premier ministre cité par l’AFP, «l’ambiance pendant le déjeuner était détendue, décontractée, empreinte de confiance réciproque».

■ La justice à la rescousse

Le camp Fillon prépare une procédure au civil pour demander l’annulation de l’élection interne pour la présidence de l’UMP, a indiqué à l’AFP l’avocat de M. Fillon, Me François Sureau, précisant que «cette élection est entachée par des fraudes et des irrégularités massives». Le camp Fillon devrait donner une conférence de presse dans l’après-midi, sans qu’on sache exactement quand.

■ Et le nom du vainqueur…

Pourrait être proclamé cet après-midi, selon plusieurs proches de Jean-François Copé. La Conar (si, c’est vraiment l’acronyme de la Commission nationale des recours de l’UMP) devrait prendre la parole et, sans surprise, confirmer Jean-François Copé comme président du parti. Selon un de ses proches, la Conar aurait «examiné les recours de François Fillon, qui demandait la réintégration dans le calcul des voix des trois départements», c’est-à-dire Nouvelle Calédonie, Mayotte, Wallis et Futuna qui avaient été oubliés par la Commission de contrôle des élections (Cocoe). Pendant ce temps-là, à 14h30, le déjeuner Sarkozy/Fillon n’est toujours pas terminé.

■ Démission du trésorier de l’UMP

Dominique Dord a jeté l’éponge ce matin, expliquant que pour lui, «la seule solution c’est de faire revoter». Il accuse le camp Copé d’avoir abusé des finances du parti pour son propre compte, «l’utilisation des moyens du parti pendant la campagne électorale en vue de l’élection à la présidence de l’UMP qui n’a profité qu’à un seul candidat, Jean-François Copé», évaluant à 200 000 euros le budget de sa campagne. «Ce procédé aurait été dénoncé pour n’importe quelle élection et aurait dû entraîner une annulation du résultat», poursuit le maire d’Aix les bains dans un entretien exclusif au Dauphiné libéré. Il dénonce aussi la surexploitation des médias sociaux et un présentéisme médiatique intense. «Je suis moralement choqué et j’ai donc choisi de démissionner de mon poste de trésorier», conclut Dominique Dord.

■ Fillon envoie les huissiers à l’UMP

11h00. BFMTV annonce que des huissiers sont actuellement devant le siège de l’UMP «pour saisir tous les documents de vote à la demande de François Fillon». D’après d’autres sites de presse, il s’agirait en fait de vérifier que les documents sur place sont bien sous scellés.

■ Un nouveau vote?

C’est ce que réclame ce lundi matin le camp de François Fillon, par la bouche notamment de Nathalie Kosciusko-Morizet, qui sur la radio Europe 1 annonce lancer un nouveau site pour se faire entendre, jeveuxrevoter.fr

Il n’en est pas question pour Jean-François Copé, pour qui «c’est pas responsable», selon ses mots sur BFM TV. «Je suis président de l’UMP», «bien sûr je suis le vainqueur», a-t-il répété.

■ Nicolas Sarkozy va revoir François Fillon

Nicolas Sarkozy doit déjeuner lundi avec François Fillon, selon Le Parisien. L’ancien président de la République est revenu lundi matin de Shanghai, où il donnait une conférence économique, et il est «très préoccupé par l’unité de sa famille politique. Il avait laissé un parti puissant et rassemblé», déclare Brice Hortefeux, proche de Sarkozy, au Parisien. «Il constate qu’il est aujourd’hui affaibli et divisé».

De son côté, Alain Juppé a redit ce matin sur RTL que pour lui, Nicolas Sarkozy était «le seul aujourd’hui à avoir l’autorité suffisante pour proposer éventuellement une sortie» de crise à l’UMP.

■ Examen des recours en interne, sans le clan Fillon

La commission nationale des recours de l’UMP, chargée d’examiner les «irrégularités» de l’élection à la présidence du principal parti d’opposition de droite en France, reprendra lundi à 9h00 ses travaux suspendus dans la nuit de dimanche à lundi, a-t-elle annoncé dans un communiqué.

Cette instance interne, qui avait entamé ses travaux dimanche matin, «a examiné les 10 premiers griefs qui lui ont été adressés», à savoir ceux déposés par le camp de Jean-François Copé, peut-on lire dans ce communiqué. En effet, les litiges mis en avant par l’équipe de l’ex-premier ministre de Nicolas Sarkozy, François Fillon, envoyés par lettre recommandée vendredi soir, ne lui sont pas encore parvenus à la commission. Selon plusieurs sources, la commission des recours pourrait boucler ses travaux dans la journée de lundi.

Les membres de cette instance n’ont pas fait de commentaires à leur sortie du siège de l’UMP, à Paris. Mais selon une source interne à la commission, ils ont examiné pendant toute la journée de dimanche les «irrégularités» pointées par le camp Copé et qui concernent notamment les Alpes-Maritimes, l’Aisne, la Côte-d’Or et la Nouvelle-Calédonie.

Les copéistes espèrent que leurs griefs seront pris en compte par la commission, ce qui pourrait donner à Jean-François Copé une avance plus large que les 98 voix de majorité établies par la commission électorale (Cocoe), lundi dernier, quand elle l’avait proclamé vainqueur. Des résultats contestés deux jours plus tard par les fillonistes, qui ont fait valoir l’oubli de trois résultats ultramarins.

Les partisans de M. Fillon, jugeant cette commission majoritairement pro-Copé, voulaient que la seule instance valable soit celle proposée par Alain Juppé. Mais M. Juppé a finalement renoncé dimanche soir à sa médiation après l’échec de la rencontre tripartite avec les ennemis Copé et Fillon.

M. Fillon a annoncé par avance dimanche soir qu’il saisirait la justice sur les résultats de l’élection du président de l’UMP.

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