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L’Histoire samedi 10 mars 2012

L’heure de la colère a sonné, quai Conti

(Vanessa Lam)

(Vanessa Lam)

Des académiciens accusent Le Figaro de manipulation

On n’est jamais trahi que par les siens. Alors que Le Figaro est l’ami des hommes en habits vert, accueillant à colonnes ouvertes les russeries d’Hélène Carrère d’Encausse comme les souvenirs de Jean d’Ormesson, voilà que la tendre relation de confiance entre le quotidien et les Immortels connaît un brusque coup de chaud. Douze académiciens ont en effet eu la très grande surprise, jeudi, de se découvrir utilisés à leur insu comme faire-valoir éditoriaux de marques de luxe, dans le supplément So Figaro, 24 pages, publié à l’occasion de Baselworld. Sur des doubles pages se succèdent ainsi une photo grand format de Valéry Giscard d’Estaing et une publicité Chanel pour une montre mécanique, Alain Decaux et un tourbillon Hublot, ou encore Jean d’Ormesson et un sac Longchamp... Un dispositif visuel spectaculaire et très malin. Les Immortels qui avaient été interrogés sur leur rapport au temps ont si peu apprécié que l’Académie a publié sans tarder une protestation officielle, dénonçant une manipulation pour «une publication manifestement publicitaire, au service de l’horlogerie de luxe». Le Figaro nie, et parle d’un «cahier thématique Art de vivre, consacré cette fois-ci au temps, qui comporte des publicités pour l’horlogerie de luxe». Ce sont bien des journalistes du quotidien qui ont mené les entretiens, et c’est un artiste majeur d’aujourd’hui, Patrick Faigenbaum, qui signe les photos. Autrement dit, c’est un mal en temps dû.

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