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chanson lundi 26 mars 2012

Heureux qui comme Bastian Baker

Bastien Baker. (DR)

Bastien Baker. (DR)

Avec 21 000 albums vendus, le chanteur vaudois de 20 ans connaît un succès éclair des deux côtés de la Sarine, bâti en moins d’un an. Rencontre avec un «fonceur»

Initiales B. B. Pour Bastian Baker. Intronisé nouvelle star de la pop helvétique en moins d’un an, ce chanteur vaudois de 20 ans qui se destinait au hockey sur glace affole les compteurs phonographiques autant que les jeunes filles en fleur tombées en pâmoison devant cette gueule d’ange au timbre chaleureux. Avenant, naturel, sympathique, lucide, talentueux, déterminé et non dénué d’humour, il n’en a pas fallu davantage aux médias pour en faire une figure people chérie. Les épithètes flatteurs à son égard ont ainsi fleuri à vitesse grand V, le consacrant «phénomène» ou «révélation» 2011, grâce à une pop passe-partout mais jamais indigne, qui évoque le répertoire précédemment balisé par de célèbres voix britanniques telles James Blunt ou James Morrison.

Baker ne cache d’ailleurs pas ses rêves de «rock star». En chanson («I Still don’t Realize») comme dans ses propos: «J’assume mes ambitions. Mon optique est d’essayer, de profiter un maximum et pas à pas de tout ce qui m’arrive. J’aime les défis, en sport comme en musique. Alors je fonce et engrange toutes ces enrichissantes expériences de mon quotidien chanceux! Pour moi qui crains plus que tout de stagner ou de mourir, je vis une sorte d’absolu en vivant et vibrant ainsi à travers ma passion.»

C’est cette fierté décomplexée que le festival M4Music promouvant surtout la Suisse musicale a accueilli en concert vendredi à Zurich. Avant un passage à guichets fermés aux Docks de Lausanne, le 30 mars.

Blouson de cuir, guitare en bandoulière et banane capillaire à la James Dean ou Elvis, le jeune Baker s’est produit avec son groupe entre deux chantres tatoués de l’alternative folk-rock-blues américaine, Rocky Votolato et Mark Lanegan. Une bizarrerie de programmation qui, bien qu’il ne jure que par «les défis», a visiblement perturbé une prestation en demi-teinte ce soir-là. Lui qui a plutôt l’habitude d’aimanter seul regards et attentions y a poursuivi le rude apprentissage des scènes festivalières partagées. A quelques heures d’y monter, il enchaînait encore, en toute décontraction et avec un professionnalisme appliqué, séances photos et interviews, en français comme en suisse allemand. Fidèle en cela à l’image du «boy next door» qui colle à sa peau bronzée. Mais aussi loin, à présent, du look tee-shirt immaculé col en V sur jean de ses débuts, façon Roch Voisine, autre patineur qui a trouvé un second souffle en musique.

Baker n’est en tout cas plus seul sur la plage. Même si de son existence familiale et sociale amplement décortiquée, scénarisée à longueur de pages, il n’a cure. «C’est troublant au départ, mais ça m’a permis d’exister artistiquement.» Passé de la case anonyme aux unes des journaux, Baker paie parfois logiquement le prix de sa gloire soudaine en alimentant les jalousies ou en se muant en tête de turc entre une apparition chantée à la Coupe Davis ou des prestations privées pour des marques. Et si les animateurs de Couleur 3 le raillent gentiment en parodiant la prime ritournelle pop rock par laquelle tout est arrivé – ce «Lucky» devenu «Gnocchis» –, sa cote rebondit.

L’histoire de Bastian Baker tient du conte de fées: celui d’un adolescent qui a pu transformer en métier son «jardin secret» musical, cultivé à l’abri du cocon familial de Villeneuve après avoir sévi comme soliste dans le chœur municipal, vibré précocement sur R.E.M et, surtout, Queen, à l’écoute desquels il dit avoir «mesuré pour la première fois pleinement la puissance émotionnelle du rock». Le chapitre suivant s’est écrit dans quelques mètres carrés entre l’âge de 15 et 19 ans. Parmi une quarantaine de chansons imaginées guitare-voix émergera, au final, l’entêtant «Lucky» qui bouscule définitivement la donne. En envahissant le paysage radiophonique au printemps dernier, de Rhône FM à la DRS alémanique.

Bastien Kaltenbacher peut dès lors fièrement tracer son avènement éclair sous le patronyme de Bastian Baker. Dès la parution, en septembre 2011, de son premier album folk pop dominé par des ballades, Tomorrow May Not Be Better, le succès commercial se dessine chaque jour plus insolemment. Avec un peu plus de 21 000 ventes à ce jour (albums et téléchargements), un récent Swiss Music Awards en poche, Baker voit ses concerts afficher complet des deux côtés de la Sarine. Un fait rare jusqu’ici réservé à quelques-uns de ses aînés comme Stress, Sophie Hunger ou Stephan Eicher.

La France figure désormais dans le viseur de Baker. En ce 26 mars 2012, c’est à Paris qu’il se trouve en tout cas pour l’enregistrement de l’émission Taratata de Nagui, que France Télévision diffusera courant avril. Il se produira ensuite en lever de rideau de la chanteuse Nolwenn Leroy à huit reprises d’ici à la fin de l’année, dont trois Olympia en décembre. En comptant bien faire fructifier la sortie hexagonale de son album le 26 avril. A peine la conquête de la Gaule débutée que le marché allemand se retrouvera en ligne de mire de son management assuré par Caprices Factory, société adossée au Caprices Festival de Crans-Montana. Si Baker a lancé leurs affaires réciproques en y effectuant ses véritables débuts scéniques devant 3000 personnes, son manager ange gardien, Raphaël Nanchen, promet de veiller à ne pas brûler les étapes de son étoile filante.

Infos: www.bastianbaker.com

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