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chimie samedi 14 avril 2012

EMS Chemie progresse dans un contexte difficile

L’usine Lonza à Viège. Le groupe, qui vient de racheter l’américain Arch, a exigé des économies de 100 millions de francs en trois ans sur son site valaisan, dont la compétitivité souffre de la force du franc. (Keystone)

L’usine Lonza à Viège. Le groupe, qui vient de racheter l’américain Arch, a exigé des économies de 100 millions de francs en trois ans sur son site valaisan, dont la compétitivité souffre de la force du franc. (Keystone)

Le groupe, propriété de la famille Blocher, a augmenté son chiffre d’affaires de 2,5% durant le premier trimestre

EMS Chemie a publié vendredi, en avance sur ses concurrents de la branche chimique, la situation de ses affaires au premier trimestre 2012. Les bons chiffres présentés, supérieurs au consensus des analystes financiers, ne reflètent sans doute pas la tendance générale, tendue, d’une grande partie de la chimie suisse.

Plusieurs entreprises, en particulier Clariant et Lonza, sont en phase de réorientation afin de s’adapter à des conditions difficiles de chute des affaires en Europe, de ralentissement de la croissance chinoise, de forte pression sur les marges bénéficiaires et de pénalisation des activités en Suisse en raison de la force du franc.

Dans ce contexte difficile, EMS Chemie tire son épingle du jeu, selon plusieurs observateurs grâce à une stratégie d’adaptation permanente aux forces du marché et d’adéquation aux besoins des clients. De janvier à fin mars 2012, EMS Chemie est parvenu à faire progresser son chiffre d’affaires de 2,5%, à 449 millions de francs. La forte croissance du groupe en Asie et aux Etats-Unis permet de compenser la stagnation des affaires en Europe et l’impact du taux de change. EMS Chemie, dont 95% des ventes sont réalisées à l’étranger, fabrique la moitié de ses produits en Suisse. Sans effet de change, le chiffre d’affaires du premier trimestre aurait augmenté de 6,3%.

Le groupe dépend pour moitié de produits de niche fournis aux constructeurs automobiles. Il a pu résister – grâce au rebond de l’activité de General Motors – à une forte chute des ventes de voitures dans les pays du sud de l’Europe durant le premier trimestre. Elles se sont effondrées en Grèce, au Portugal et en Espagne, alors que la baisse a atteint 21% en Italie et 19% en France.

Magdalena Martullo, patronne d’EMS Chemie, s’attend à une évolution conjoncturelle favorable en Asie et aux Etats-Unis mais à «aucune amélioration significative de la consommation et des investissements en Europe occidentale.» Le groupe table, pour l’ensemble de l’année, sur un maintien du chiffre d’affaires et du bénéfice au niveau de ceux de 2011. Fin février, Kurt Bock, patron du groupe allemand BASF, a estimé la croissance du secteur chimique mondial à 4,1% en 2012. Plusieurs entreprises suisses ne parviendront sans doute pas à ce taux de progression.

Des premiers éléments de réponse seront apportés ces prochaines semaines lors de la publication des résultats du premier trimestre de Sika (le 17 avril), Clariant (le 3 mai) et Lonza (le 4 mai). Ces trois entreprises progressent principalement grâce à des acquisitions. Sika, spécialisée dans les matériaux chimiques utilisés dans la construction, a ainsi acheté l’an dernier huit petites sociétés qui ajoutent un potentiel de plus de 230 millions de francs de chiffre d’affaires par an.

Lonza a décidé de diversifier ses activités de chimie classique en achetant l’entreprise américaine Arch. Cela a pour conséquence de doubler son chiffre d’affaires grâce, notamment, à des produits de désinfection et de traitement de l’eau des piscines. Dans le même temps, la société, reprise en main par un ingénieur chimiste formé chez BASF, a récemment décidé d’attribuer un nouveau contrat de fabrication à son usine située en République tchèque, tout en exigeant une réduction des coûts de 100 millions de francs en trois ans à Viège (VS), site dont la compétitivité souffre de la force du franc.

Clariant, en restructuration depuis plusieurs années, base sa croissance sur l’acquisition de Süd Chemie, pour 1,3 milliard de francs, et vide de sa substance le site de production suisse de Schweizerhalle transformé en parc industriel loué. Les investissements d’avenir se sont déplacés en Allemagne, notamment à Francfort où a été posée, fin février, la première pierre d’un centre d’innovation à 100 millions d’euros conçu pour 500 chercheurs.

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