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vie de l’industrie mercredi 01 février 2012

La jungle des fonds indiciels

Mathieu Vinson Développement des affaires iShares Suisse

Une catégorisation des produits négociables en bourse aiderait l’investisseur à faire ses choix

R eflétant de façon simple des marchés diversifiés, ayant une grande transparence, une bonne négociabilité et des frais de gestion réduits, les «trackers» constituent l’une des plus importantes innovations financières de ces vingt dernières années. Des taux de croissance supérieurs à 10% ont attiré de plus en plus d’acteurs, générant une multitude de produits.

Contrairement aux produits ayant une gestion active, il ne s’agit pas de battre un indice de référence, mais d’en reproduire le plus exactement possible les évolutions. Les résultats des fonds indiciels ne sont donc, en principe, jamais plus mauvais que le marché – ce qui veut dire qu’à long terme ils sont souvent meilleurs que beaucoup de produits gérés activement. Autre différence, les parts de fonds indiciels se négocient en bourse comme des actions individuelles, et peuvent donc s’acheter et se revendre à tout moment.

Veiller à la structuration

Les «trackers» sont des fonds de placement aux avoirs ségrégés dont le statut juridique est celui des Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM), et sont donc dissociés de la société émettrice. Cela les différencie des certificats, qui ont le statut d’obligation au porteur, et qui courent un risque associé à l’émetteur. Si celui-ci vient à faire faillite, les détenteurs de certificats perdent entièrement leur mise. S’agissant de certificats, il y a lieu de veiller à leur structuration. Lorsqu’on achète, par exemple, un certificat indexé, on renonce bien souvent aux dividendes alloués aux actions associées. Ils reviennent à l’émetteur qui s’en sert pour financer les certificats. Les certificats garantis permettent de récupérer son investissement, mais la garantie s’obtient contre un rendement moins élevé. Par ailleurs, elle ne s’applique souvent qu’à l’échéance du certificat, ce qui fait qu’une liquidation anticipée peut très bien entraîner des pertes. On ne bénéficie donc pas du tout d’une flexibilité comparable à celle des fonds indiciels.

Ces derniers existent sous des formes plus variées, car leur multiplication a entraîné une diversification des indices suivis, et partant une complexification. C’est ainsi qu’en Europe il existe deux grands types de trackers: les ETF en réplication physique, avec des fonds qui tiennent effectivement les titres de l’indice en portefeuille, et les ETF basés sur des produits dérivés, qui garantissent la performance indicielle par des contrats de swap. Les investisseurs doivent considérer chaque produit selon ses propres mérites et comprendre les facteurs qui en affectent le coût, la qualité et la performance globale. Il est important de différencier les catégories de produits, et ce de façon transparente. Black­Rock distingue, sous le terme de exchange-traded product (ETP), les exchange-traded funds (ETF), les exchange-traded notes (ETN), les exchange-traded commodities (ETC) et les exchange-traded instruments (ETI).

En rétablissant de la clarté dans la vaste gamme de produits indiciels négociables en bourse en distinguant bien les différents types de produits, on peut penser que la dynamique de ce marché va se poursuivre.

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