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Editorial samedi 03 décembre 2011

Pékin retrouve son rang mondial

L’adhésion de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce a redistribué les cartes

Qui aurait imaginé pareil bouleversement? L’intégration de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce, en décembre 2001, a redistribué les cartes. En une décennie, plus de 200 millions de Chinois sont sortis de la pauvreté. Le pays est devenu le premier exportateur et la 2e puissance économique, derrière les Etats-Unis. Et surtout, grâce à ses excédents financiers faramineux, Pékin défie l’ordre politique et économique mondial qui a été établi après la Seconde Guerre mondiale. Au regard de l’Histoire, Pékin retrouve son rang.

La transformation n’est pas terminée. En pleine métamorphose, l’industrie chinoise prépare l’élaboration de produits de plus en plus sophistiqués. Après les textiles et les chaussures, elle entre en compétition dans les hautes technologies comme les trains à grande vitesse, l’aéronautique, les télécommunications ou encore le génie génétique. Autrefois l’Empire du Milieu a déjà été une puissance qui a donné au monde le papier, l’imprimerie, la pompe à eau. Alors que l’Europe faisait de la poterie, les artisans chinois purifiaient la glaise et produisaient de la porcelaine.

La nouvelle Chine n’a toutefois pas encore retrouvé son talent d’inventeur d’antan. Mais ce n’est qu’une question de temps. Devenu l’usine du monde, Pékin met les moyens pour faire ce saut technologique. Cette ambition peut inquiéter. D’autant plus que son développement foudroyant passe par une exploitation extensive des ressources naturelles. Tout comme son déficit démocratique ne laisse pas indifférent.

Faut-il dès lors vraiment s’inquiéter? Non. L’intégration de la Chine dans le multilatéralisme est préférable à son isolement, son dénigrement ou sa mise au banc des accusés. Rien n’indique que sa montée en puissance soit synonyme d’envies hégémoniques. Au siècle dernier, les Etats-Unis ont bien délogé l’empire britannique de son piédestal; ce n’est pas pour autant que son niveau de vie a baissé.

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