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Vaud samedi 10 mars 2012

Fin d’une campagne très compassée

La gauche a arrondi les angles. La droite a défendu son bilan

La droite vaudoise a défendu le bilan d’une législature. La gauche, en position de force à l’exécutif depuis trois mois, a évité de polariser les débats. Au contraire, l’alliance rose-verte a insisté sur son rôle dans la bonne conduite des affaires cantonales. Le centre a cherché à s’immiscer. Mais la nature consensuelle du face-à-face a gommé son appel au «juste milieu».

Du coup, la campagne pour les élections, dont le premier tour se déroule ce dimanche, a semblé très compassée. Certains diront qu’elle a été terne et ennuyeuse.

Et pourtant. Entre le 11 mars et le 1er avril, date du second tour au Conseil d’Etat, la gauche pourrait conserver la suprématie à peine acquise sur l’exécutif et bousculer la droite au législatif. L’enjeu habite les esprits des candidats. Il laisse toutefois les citoyens plus indifférents. Ces derniers «désignent des personnes, sinon des partis, sans se soucier des stratégies», note Christelle Luisier Brodard, présidente des radicaux vaudois, en lice pour le Grand Conseil.

Les candidats magistrats ont misé sur la crédibilité, l’expérience. Le quatuor de gauche et le quartet de droite ont fui l’arrogance, l’invective. Jusqu’au mimétisme. «Par moments, à gauche, j’avais l’impression de voir des PLR», s’exclame Christelle Luisier Brodard. PS et Verts ont adopté «une attitude conciliante», complète Mathieu Blanc, vice-président des libéraux, aspirant député.

«Manque de saveur»

Claude-Alain Voiblet, champion de l’UDC lancé à la reconquête du siège perdu en décembre, a été contraint de s’aligner sur les tons bourgeois du ticket de centre droit dont il fait partie. Le système majoritaire condamne les excès, observe Dylan Karlen, président ad interim de l’UDC, dans la course pour le parlement. Mais, admet-il à titre personnel, «cela a manqué de saveur».

Bref, les six conseillers d’Etat sortants, bien servis par la législature qui s’achève, ont avalé les deux néophytes en lutte pour la septième place. La collégialité a lissé les aspérités. Quelle que soit la composition finale du Collège – quatre de gauche et trois de droite ou vice versa –, la continuité l’emportera. Conclusion: pas de faux pas, analyse encore Dylan Karlen, ou d’estocades qui pourraient affaiblir ou fâcher.

En réalité, tranche le député vert Raphaël Mahaim, «l’entente cordiale entre le radical Pascal Broulis et le socialiste Pierre-Yves Maillard a désamorcé la confrontation.» Les choses pourraient cependant changer quand la présidence pour cinq ans du gouvernement sera en jeu, prédit l’écologiste.

Sur le terrain, loin de ces préoccupations tactiques, les citoyens ont montré de la lassitude, indique Christelle Luisier Brodard. Douze mois de scrutins en rafale ont marqué les esprits. Dylan Karlen se désole du désintérêt parfois criant. Pour le reste, les gens ont évoqué leurs problèmes quotidiens. Ils ont demandé des mesures: contre la pénurie de logements, contre l’insécurité, contre les excès de la croissance démographique et économique du canton. L’actualité, de Novartis à la caisse maladie EGK, a nourri les discussions de rue.

Parmi les sujets des votations fédérales, prévues également le 11 mars, celui sur les résidences secondaires a provoqué de vives réactions. L’initiative Weber, raconte Raphaël Mahaim, a permis de parler d’aménagement du territoire. Entre urbanisation, mitage et tracasseries administratives qui ralentissent le bâtiment, précise Christelle Luisier Brodard.

A son tour, l’affaire des exonérations fiscales a fait jaser. A gauche, on a capitalisé le rejet. L’impact sur le vote de dimanche paraît difficile à évaluer. La véritable différence entre gauche et droite porte moins sur la pertinence des avantages que sur les bénéficiaires et la transparence des procédures, explique Arnaud Bouverat, secrétaire général du PS, qui brigue un siège au législatif. Les positions des socialistes sont connues. Celle de Pascal Broulis aussi. Alors, malgré l’agitation médiatique, personne n’a enfoncé le clou en attendant le verdict de dimanche.

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