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comment les directeurs d’entreprise s’informent-ils? (5) samedi 30 juillet 2011

«Les tablettes vont s’imposer à la maison»

(photo: veroniquebotteron.com)

(photo: veroniquebotteron.com)

Christian Wanner, cofondateur du Shop, est un adepte de l’iPad dès la première heure. Il suit quasiment en temps réel les ventes du supermarché en ligne

Pour se plonger dans l’actu au petit matin, Christian Wanner écoute la radio (par Internet) dans sa salle de bains. «Que ce soient des radios suisses ou anglaises, comme la BBC», précise-t-il. Une bonne manière pour le patron du Shop de démarrer ses journées, qu’elles le portent vers le dépôt alémanique, l’obligent à une négociation stratégique avec un partenaire ou le confinent au bureau.

S’il parcourt Le Temps après le lunch, c’est The Economist qui constitue sa source privilégiée pour suivre l’actualité internationale. «Le format hebdomadaire, analytique, que je peux lire le week-end, me plaît particulièrement bien», glisse-t-il. Lorsqu’il saute dans sa voiture, le résident de Cully (VD) concède que les conversations téléphoniques défilent sur son Black­Berry.

Moins intrusif qu’un PC

Pour prendre des notes en rendez-vous, il sort en un tournemain son iPad, dont il est un adepte inconditionnel dès la première heure. «C’est moins intrusif que d’ouvrir le PC, puis je synchronise automatiquement avec le mobile et l’ordinateur rendant mes notes accessibles en tout temps», poursuit le dirigeant. Il prédit d’ailleurs que les tablettes vont s’imposer pour l’accès à Internet dans les maisons, en raison de leur rapidité. Ces outils technologiques, Christian Wanner a rapidement dû se les approprier pour les intégrer dans son business. «Le mobile shopping fait face à une explosion des interfaces, ce qui amène une nouvelle complexité. Par exemple, pour l’application iPhone du Shop, nous sommes repartis de zéro, comme si nous devions à nouveau gravir la face nord de l’Eiger…» C’est peut-être aussi pour cela que le cofondateur de la plate-forme internet a gardé le feu sacré.

En une année, près de 10% des consommateurs ont déjà adopté l’iPhone pour faire leur course via les services de la société basée à Ecublens (VD). «Ce chiffre passera à 20% dans les mois à venir», anticipe le directeur général. Sur les six premiers mois de l’exercice 2011, le leader suisse des supermarchés en ligne a réalisé des ventes de 80 millions de francs, en croissance de 7%.

S’il se passe volontiers de télévision – hormis parfois le site internet de la TSR –, ce n’est pas le cas des «reporting». Christian Wanner se trouve dans une industrie très imprégnée de la grande consommation, à savoir basée sur une culture de chiffres. «J’ai des outils pour suivre pratiquement en temps réel nos ventes, suivre la performance de nos dépôts, voire le taux d’erreur. Je pourrais même vous donner le nombre de plaintes que l’on a reçu sur les barquettes de fraises vendues la veille.» Dans ce flux, il ne faut pas s’y ­perdre.

Sur Facebook aussi

«Pour moi, les grandes études sur notre industrie ne sont pas d’une grande pertinence, car elles ont toujours un temps de retard avec le marché, estime le patron. Alors, face à l’extrême dynamisme du monde du e-commerce, j’ai su tisser des contacts personnels depuis treize ans avec la plupart des autres grands acteurs mondiaux de notre industrie. Ainsi, je sais que je peux appeler quelqu’un chez Amazon ou Ahold pour parler de nouvelles technologies, logistique, comportement du consommateur etc.» L’information à la source, donc. Présent sur Facebook, mais uniquement pour garder des contacts avec ses amis d’enfance d’Amérique latine où il a grandi, le patron du Shop voit les réseaux sociaux comme des domaines encore exploratoires pour le business. Il voit l’intérêt pour la construction du relationnel avec le client pour l’image de marque et un retour permanent de ce que les gens disent sur la société. C’est clairement pour l’heure plus un espace de communication et d’échange qu’un espace de ventes.
Marie-Laure Chapatte

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