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obligations mercredi 01 février 2012

Fin de l’embellie en Suisse

Daniel Varela Membre du Comité de Direction Piguet Galland & Cie SA

La performance des bons de la Confédération en 2011 ne pourra pas être répliquée cette année.

L’année 2011 s’achève sur une performance étincelante du marché obligataire suisse. L’indice de référence du marché (SBI) affiche en effet une performance proche de +4,5%. Ce chiffre cache toutefois des disparités extrêmement importantes. En effet, pour en profiter, il fallait avant tout être investi sur des débiteurs domestiques et plus particulièrement en bons de la Confédération. Ces derniers atteignent une rentabilité moyenne de 8,5% sur l’année grâce à une forte détente des taux qui a résulté en rendements négatifs sur les échéances courtes et intermédiaires. Toute incursion en dehors de ce segment a été pénalisante. Ainsi, l’investisseur privilégiant des titres de débiteurs étrangers peut être confronté à un écart de performance particulièrement important en fonction des qualités de crédit sélectionnées. A titre d’exemple, la performance des emprunts étrangers de notation AAA se limite à +3,3%. La déception est encore plus grande pour les investisseurs plus téméraires qui avaient pris quelques libertés en termes de qualité de crédit, puisque la performance n’est plus que de + 0,9% pour des titres de débiteurs étrangers avec un rating BBB.

A l’origine de ces disparités, on trouve naturellement la crise européenne. Celle-ci a provoqué un phénomène marqué d’aversion au risque qui a fortement favorisé les emprunts de pays peu endettés tels que la Suisse. Dans le même temps, on observait une méfiance grandissante à l’égard des débiteurs européens. Or, ceux-ci sont fortement représentés sur le marché des capitaux helvétique en raison de la proximité géographique qui a longtemps permis aux emprunteurs de la zone euro de trouver du financement bon marché auprès des investisseurs suisses. Cette époque semble révolue, du moins à moyen terme.

Des taux à 10 ans actuellement proches de 0,6% sur les emprunts de la Confédération semblent malheureusement réserver peu de potentiel de baisse supplémentaire pour l’année à venir. La brillante performance atteinte par ces titres en 2011 ne pourra pas être répliquée cette année à moins de parier sur des rendements négatifs également sur la partie longue de la courbe des taux, phénomène qui semble très improbable si on exclut une crise aiguë consécutive à un éclatement désordonné de la zone euro. A ce stade, nous écartons ce scénario. A l’inverse, le risque de pertes importantes sur les emprunts suisses est également limité. Nous tablons en effet pour la Suisse sur une croissance économique qui restera très décevante et une inflation qui demeurera sans doute en territoire négatif en 2012. Cela devrait permettre aux taux en francs de se stabiliser à ces bas niveaux pour éventuellement ne reprendre le chemin de la hausse qu’à l’horizon 2013. Le marché obligataire suisse offre néanmoins des opportunités, mais il conviendra de les rechercher ailleurs que sur les titres de la Confédération.

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