Prisonnier du consensus
Commentaire
Patrick Erard et Thierry Grosjean se respectent et s’apprécient. Ils l’ont encore prouvé dimanche en se serrant chaleureusement la main après l’annonce des résultats. Une attitude qui s’explique par leurs personnalités consensuelles et la conviction partagée qu’ils doivent privilégier le dialogue pour sortir le canton du tsunami institutionnel induit par l’affaire Hainard.
Cette étrange ambiance de campagne a encore été renforcée par la retenue que Patrick Erard s’est imposée en tant qu’ancien président de la CEP chargée d’enquêter sur Frédéric Hainard.
Face à un contradicteur aussi prudent, Thierry Grosjean a joué sur du velours. Il n’a jamais eu à justifier la confiance accordée par son parti à l’ancien ministre ni même à évoquer le bilan peu reluisant de la majorité gouvernementale libérale-radicale.
Avec des candidats qui ont tenu le même discours rassembleur sans esquisser de projets politiques, les Neuchâtelois se sont largement abstenus, en particulier à gauche. Ceux qui ont voté ont apporté un soutien massif et assez inattendu à Thierry Grosjean, qui a eu l’intelligence de se présenter dès l’origine comme l’antithèse de Frédéric Hainard.
Avec son déficit de popularité, Patrick Erard ne dispose que d’une petite chance d’inverser la tendance.
Pour être élu, il devra se montrer saignant et offensif afin de convaincre les abstentionnistes des trois villes qu’il a un projet politique qui va au-delà de la seule réconciliation cantonale. Quitte à froisser son «ami» Thierry Grosjean.
