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Football samedi 24 mars 2012

L’Europe valide la réforme financière de l’UEFA

Les règles du «fair-play financier» sont jugées conformes au droit communautaire

Dans son bureau nyonnais, Michel Platini doit pousser un grand ouf de soulagement. Peut-être a-t-il sabré le champagne? Car le président de l’UEFA vient de remporter l’une de ses plus glorieuses victoires depuis sa prise de fonction, en 2007: son œuvre, le règlement du «fair-play financier», est adoubé par l’Union européenne.

Après avoir épluché le document de 101 pages (lire ci-dessous), après des mois d’analyse et de négociations avec les juristes de l’association, Bruxelles, par la voix de Joaquín Almunia, commissaire européen en charge de la concurrence, a confirmé mercredi que ces règles étaient «conformes à la politique d’aides d’Etat». «Puisqu’elles visent à rendre les clubs viables financièrement, limitant ainsi une éventuelle intervention du secteur public, elles répondent au droit européen de la concurrence, dont l’un des objectifs est d’assurer qu’aucune subvention ne fausse la concurrence», a précisé vendredi son porte-parole, Antoine Colombani.

Parer les contre-attaques

Gianni Infantino, secrétaire général de l’UEFA, a décrypté l’enjeu central de cette annonce lors du congrès annuel à Istanbul, mercredi: «Si un club est puni parce qu’il ne respecte pas les règles et veut porter plainte, estimant que cela contrevient aux lois du marché, il devra s’adresser à la Commission. Et elle vient de dire que notre règlement était conforme…» «L’UEFA dispose d’un argument de poids face aux futurs recours, qui pourraient ne pas manquer ces prochaines années», a réagi dans Le Monde Julian Jappert, directeur du think tank sport et citoyenneté.

Depuis la présentation du règlement, en 2010, c’était LA grande crainte. Comment un club exclu de la Ligue des champions va-t-il réagir? Car au-delà de la frustration sportive, il y a les enjeux financiers. Dans la compétition reine, chaque victoire compte – 800 000 euros. Manchester United et le FC Barcelone, les deux finalistes de juin 2011, ont reçu respectivement 53 et 51 millions d’euros de primes de participation.

Priver un club de cette manne est-il légal? En tout cas, «cette décision n’exclut pas un recours pour abus de position dominante. Bien qu’elle n’en abuse pas, l’UEFA est manifestement dans cette position», prévient un avocat spécialisé. Il ajoute: «Je ne suis pas sûr que la priorité de l’UEFA était de priver les clubs d’aides publiques pour leurs infrastructures, par exemple. Sans parler de celles déjà en place, qui seront peut-être passées à la loupe, désormais.»

L’exemple le plus connu est celui du Real Madrid qui, pour éponger ses dettes, a vendu son centre d’entraînement à la ville en 2008. Un an plus tard, il déboursait 150 millions d’euros pour recruter Kaka et Cristiano Ronaldo, qui s’entraînent toujours dans le même complexe…

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