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L’écrivain du jour mardi 13 avril 2010

Jean-Marc Lovay reçoit le Prix Lipp

Jean-Marc Lovay. (Eddy Mottaz)

Jean-Marc Lovay. (Eddy Mottaz)

L’écrivain Jean-Marc Lovay reçoit mardi à Genève le Prix Lipp pour son dixième roman, «Tout là-bas avec Capolino» (Zoé, 2009). L’auteur valaisan y déploie une langue d’un onirisme envoûtant où le lecteur se doit de sortir de lui-même, de lâcher tous repères sensoriels et balises quotidiennes

Un écrivain des mondes parallèles. Lire Jean-Marc Lovay relève de l’expérience limite. De celle dont on sort rincé, ébahi d’avoir traversé cette langue qui capte ce qui ne peut pas l’être. Né à Sion en 1948, il quitte l’école à 16 ans pour commencer un apprentissage de photographe. Il prendra vite la route: Turquie, Afghanistan, Népal. Ces voyages nourrissent une intense correspondance avec le poète valaisan Maurice Chappaz, La Tentation de l’Orient – Lettres autour du monde (Bertil Galland, 1970/Zoé Poche, 2002). Son premier roman Les Régions céréalières (Gallimard, 1976, Prix Rambert 1977) attire l’attention d’un cercle de lecteurs indéfectibles dont l’écrivain Louis-René des Forêts. Huit autres romans ont suivi jusqu’à Tout là-bas avec Capolino qui reçoit le Prix Lipp à Genève ce mardi. Aucun de ces voyages littéraires ne peut se résumer tant ils visent à dire l’extase du ressenti, des émotions, du non-compréhensible. L’écrivain a reçu par ailleurs le Prix Georges Nicole pour L’Epître aux martiens en 1969 et le Prix de la Ville de Genève en 2003.

A bord d’un lit flottant. Tout là-bas avec Capolino ne se lit pas vite (LT 12.09.2009), même si le roman est relativement court. Dans l’océan d’événements à l’irrésolution butée qui dérivent au fil des pages, le lecteur se cramponne à la syntaxe pour se frayer un chemin. Composé de 47 fragments séparés par des astérisques, le roman s’ouvre comme un conte et se déroule dans un paysage presque chinois.

Une brasserie à la page. La Brasserie Lipp à Genève a lancé son Prix littéraire en 1988 en le décernant à Michel Bühler. Parmi les autres lauréats, Bernard Comment, Adrien Pasquali, Maurice Chappaz ou Charles Lewinsky en 2009. Depuis 2002, le Prix récompense en alternance annuelle une œuvre d’un écrivain suisse de langue française ou une œuvre d’un écrivain suisse non francophone traduite en français. Il est doté de 10 000 francs.

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