Texte - +
Imprimer
Reproduire
genève internationale jeudi 12 avril 2012

Cri d’alerte d’anciens hauts fonctionnaires de la Cnuced

Les pays développés voudraient faire taire la «voix» de l’organisation onusienne en matière d’analyse économique

C’est un véritable appel à l’aide qu’ont lancé, mardi à Genève, une quarantaine d’anciens hauts fonctionnaires de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced). Ces derniers s’inquiètent de la volonté des pays développés «de réduire au silence la voix de la Cnuced» sur le front de l’analyse économique. Non point en raison de la qualité intrinsèque de sa recherche. Mais, à les croire, pour des motivations idéologiques. «Depuis sa création, il y a presque 50 ans, la Cnuced a toujours été une source d’irritation pour les tenants de la théorie économique dominante», avertit Yilmaz Akyuz, chef économiste de l’organisation jusqu’en 2003. «A défaut de tuer le message, il faut tuer le messager», grince-t-il.

Un appel qui, entre les lignes, fait écho aux interrogations sur la raison d’être de l’organisation basée à Genève alors que s’ouvre, le 21 avril à Doha, son prochain sommet quadriennal. Selon ses signataires, «les pays en développement sont obligés, encore une fois, de résister à la forte pression des pays de l’OCDE pour défendre l’organisation à laquelle ils sont liés de manière ombilicale». Et non, ce combat ne serait pas motivé par la volonté d’échapper à un tour de vis budgétaire. Selon les défenseurs de l’organisation, son budget pour la recherche «reste minime».

Reproduire
Texte - +