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L’interview de la semaine samedi 22 octobre 2011

Etre le seul romand est un avantage

La structure en mutuelle est à nouveau dans l’air du temps, selon le patron de la Vaudoise Assurances

Le Temps: On célèbre les innovations de Steve Jobs, mais quelle innovation vous a marqué ces dernières années dans l’assurance?

Philippe Hebeisen: Il y a de bonnes idées de marketing dans l’assurance, moins d’avancées spectaculaires dans l’innovation. Ce qui peut nous épater, c’est le dynamisme de certains groupes mondiaux et de certains petits acteurs. Je pense à une autre mutuelle, l’Emmentalische, spécialisée dans les besoins de couverture du monde agricole. On aurait pu parier que ce genre d’entreprise allait disparaître. Mais elle résiste, fidèle à ses clients, locale et mono-produit. Cela m’épate autant qu’une innovation.

– Est-ce que le fait d’être le seul romand dans l’assurance est un atout?

– Je le vois progressivement comme un avantage. Le fait d’être le seul assureur multibranches avec un siège en Suisse romande est un motif de fierté. En Suisse alémanique, nous pouvons atteindre nos objectifs si nous nous positionnons bien, en tant qu’alternative crédible, par rapport aux grands groupes, concentré sur notre marché sans prétendre conquérir le monde entier. Aux yeux d’un patron de PME suisse, c’est un raisonnement qui est efficace.
Il y a quelques années, nous n’aurions pas proclamé haut et fort notre inspiration mutualiste, jugée parfois démodée. Mais des analyses récentes ont rappelé que la mutualité était à la base de la notion d’assurance (la loi des grands nombres et la solidarité) et que les plus grandes compagnies mondiales sont souvent des mutuelles. C’est à nouveau dans l’air du temps. Pour nous, la mutualité n’est pas un oreiller de paresse. L’exercice 2010 et le premier semestre 2011 en témoignent.

– Quels sont vos objectifs de recrutement dans le service externe?

– Nous avons effectivement aujourd’hui 400 collaborateurs externes, ce qui représente un tiers des effectifs (un autre tiers au siège et un tiers au back-office des agences).

En Suisse alémanique, le service externe fait environ la moitié de l’effectif. L’intention est de recruter des conseillers plus productifs que la moyenne, des «top shots» avec un réseau étendu, soit 12 conseillers supplémentaires par an durant trois ans.



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